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Journal de bord des copines – 2e partie

Mercredi, Marie

C’est à moi la sportive de reprendre la plume, car depuis la superbe station de villégiature du Mont-Tremblant,  j’ai repéré un loueur de bicyclettes qui part du petit village de Labelle, juste à côté, pour une randonnée sur la route verte du P’tit Train du Nord. Elle est très adaptée, cette route cyclable qui emprunte le tracé de ce petit chemin de fer du fameux « Curé Labelle », ce génial ecclésiastique qui encouragea la colonisation de la région des Laurentides à la fin du XIXe siècle pour freiner l’important exode des Canadiens-français, et desservir par le chemin de fer « les Pays d’en haut », complètement enneigés l’hiver. Dans l’ancienne gare de Labelle transformée en musée ferroviaire, nous apprenons que c’est le Canadien Pacifique qui a prolongé la ligne de Saint-Jérôme à Mont-Laurier, bien au-delà du Mont Tremblant. Depuis, la voie de chemin de fer a été transformée en piste cyclable. Le soir, sur le bord de l’immense lac du Mont-Tremblant, nous écoutons les oiseaux se répondre, avant d’aller nous reposer. Demain, la journée sera rude !

Entrée de la route verte P’tit train du Nord

 

Jeudi et vendredi, Elise

Quand Je pense à Joseph, mon mari, je suis sûr qu’il aurait aimé nos deux jours passés à Aventures Kiamika, au nord du réservoir du parc régional Kiamika dans les Hautes Laurentides.  Cette entreprise offre de nombreuses activités de pleine nature sur un territoire d’une beauté exceptionnelle.

Le Réservoir Kiamika s’étire à perte de vue, et dans cette forêt Boréale qui nous entoure, il parait qu’on peut écouter le hurlement des loups la nuit !  Chacun des hébergements (tentes ou chalets) a le confort nécessaire et sans superflu pour profiter pleinement de la nature. Car nous sommes en pleine nature, sans réseau téléphonique, et avec un réseau électrique uniquement alimenté par de l’énergie solaire. Juste ce qu’il faut pour décrocher complètement. À peine arrivées, nous avons été accueillies par Carl Boudreault le fondateur, Marc André Fortin et Geneviève qui nous ont proposé les activités de demain autour d’un bon repas : promenade en canot ou en kayak le matin, puis baignade dans le lac sur une des nombreuses îles du lac. Geneviève nous a entraîné dans une belle promenade sur les sentiers de l’ile de la Perdrix Blanche et nous avons croisé des petits animaux qu’elle seule connaissait.

À notre retour, Marie-Rambo a trouvé le courage de terminer la journée par une promenade à vélo cross-country sur l’un des chemins aménagés.

Samedi, Elise

Dommage, car nous n’aurons pas profité de l’activité yoga proposée sur ce site préservé. Mais aujourd’hui, ce sera route toute la journée, car nous sommes attendues ce soir à la Réserve Beauchêne, en Abitibi-Témiscamingue…

Dimanche, lundi, mardi : Elise

A 600 km de Montréal, nous sommes en pleine nature, logées dans un des chalets de la Réserve Beauchêne. Ce matin au réveil, petit déjeuner à la vaste salle à manger où l’on nous sert un copieux repas. On nous y apprend que la région de l’Abitibi-Témiscamingue est immense, avec 65 000 km2 de forêts et plus 22 000 lacs et rivières.  La Réserve jouit de 40 lacs. Les familles, les amoureux de la nature, les chasseurs et les pêcheurs la fréquentent régulièrement.  

Plutôt que de loger dans le pavillon principal « la maison blanche » ou de camper sur un de leurs terrains dédiés, nous avons opté pour un des luxueux chalets aux noms d’oiseaux (l’Aigle, le Balbuzard, Le Héron, le Canard Cendré etc.) et avons choisi le chalet « Grand Corbeau », avec trois magnifiques chambres, deux salles de bain, et surtout une immense terrasse qui domine le lac. Marthe et Marie sont affalées dans un des profonds divans, en train de contempler le Lac Beauchêne tandis que je raconte notre journée dans le journal de bord commun tout en préparant l’apéritif dans une cuisine géniale et très tendance dont j’aimerais bien disposer en France ! Un confort inouï en pleine forêt !

Notre chalet à la Réserve Beauchêne

Lundi est la journée dédiée à la pêche. Départ en canot pour essayer d’attraper une des sept espèces de poissons des lacs de la Réserve dont l’Achigan à petite bouche, une de leur spécialité. Il parait que cette espèce est en moyenne de 1,4 kilos.  Il y a aussi des Ombles de fontaine qui dépasseraient les 2 kilos, des dorés et des brochets énormes ! Les poissons sont ensuite relâchés dans le lac. La Réserve nous a fourni des cannes à pêche, les permis et des bateaux à moteur électrique pour ne pas effrayer les poissons.  Les paysages sont sauvages. Nous accostons sur une petite berge pour observer un barrage de castors avant de nous baigner et de retourner à bon port ! Apéro, souper comme on dit ici et dodo dans un lit king-size bien moelleux !

 

Marthe a fait une prise! Bien entendu, nous l’avons remis à l’eau…

Mardi, nous avons pu faire plusieurs des activités proposées : randonnées, vélo, canot. Évidemment, Rambo-Marie a choisi le kayak. Mais Marthe et moi-même avons absolument voulu essayer le Paddleboard. C’est plus calme et même reposant de pagayer à notre rythme, entourées par cette forêt qui commence à se parer de mille couleurs. L’été indien se précise… Quant à notre promenade dans les bois, elle nous a permis de voir des huards à collier. Il parait qu’au mois de septembre, on peut en observer se poser par groupes entiers car le lac Beauchêne est une halte migratoire pour cette espèce.

Ce soir, pour notre dernier jour à La Réserve, nous avons profité de la table du chef au restaurant de la Maison Blanche. Demain, ce sera le retour vers Montréal et départ pour la France après demain. J’ai hâte de conter à Joseph notre voyage et de comparer avec lui.

Une chose est certaine, c’est que les trois copines que nous sommes auront bien des choses à raconter autour de nous !

En famille au Québec

Adeptes de voyages en camping-car de longue date, nous avons déjà traversé la France de long en large avec notre Combi Volkswagen T2 de 1972; je suis un collectionneur et surtout un sacré bricoleur, forcément!

Notre tribu des Lefrançois junior est réputée pour se la jouer solo. C’est ça l’esprit du camping-car ! On part sur une route montagneuse pour atteindre un village haut perché le soir même, mais si un lac se présente au détour d’un virage, on stoppe toutes les machines et on plonge dans le lac quelle que soit la température ! L’année dernière, nous sommes partis à l’aventure en Allemagne et en Autriche.

Ce fût au retour d’un dîner chez des amis avec qui nous avions narré de long en large leur voyage en camping-car au Canada que nous avons pris notre décision. À nous les lacs, les rivières, et les paysages fabuleux sur des routes quasiment désertes. Dès le lendemain, je me rendis dans une agence de voyage pour nous renseigner. À notre grande surprise, on découvrit des pages et des pages sur les camping-car dans les catalogues des voyagistes. Ce pays se prêtait donc parfaitement à ce genre de périple. Il y en avait de toutes les tailles, pour deux, quatre, cinq personnes !

De retour à la maison, j’avais cinq chemises canadiennes achetées en chemin; Marina et nos trois jeunes enfants, (Flore, Alexandre et Simon, respectivement âgés de 7, 5 et 3 ans), comprirent très vite que le rêve allait devenir réalité !

Avouez que les chemises nous vont bien!!

C’est en rando que nous visiterons le Québec

Il ne nous pas fallu longtemps à ma copine Eléonore et moi pour nous décider à faire ce voyage initiatique auquel nous rêvions depuis longtemps. À peine mon grand-père JO avait-il évoqué son projet de pêche au Québec que nous parlions déjà d’un départ début septembre, juste avant de reprendre nos études à l’université. L’argent des nos stages du mois d’août serait bien utile pour financer ce projet.

Tous deux adeptes de grandes randonnées en France,  nous avons déjà fait une partie de la route de Saint-Jacques de Compostelle il y a deux ans. Mais depuis qu’Éléonore a vu un reportage sur les nombreuses possibilités de trekking au Québec, elle ne cesse de me pousser à l’accompagner.

L’idée de mon Grand Père a dû faire tilt dans sa tête ! Il y a des vols Paris-Québec directs. On va donc en profiter !

Pas seulement la pêche, une nature généreuse.

Dernier soir dans notre chalet. J’ai apporté le champagne depuis Paris pour fêter ce merveilleux moment de retrouvailles. Demain, nous quitterons cet endroit magique et ferons route vers le Parc Oméga situé à quelques kilomètres de la Pourvoirie Kenauk Nature et du Fairmont Château Montebello.

Réjean y avait déjà été plusieurs fois, « car c’est un endroit proche de Montréal pour observer des animaux d’Amérique du Nord », disait-il. « On ne les voit jamais que sur les panneaux d’information : « attention, orignal, mais, tu vas enfin les voir en vrai et te faire une idée de la faune et la flore au Canada, si proche des villes et si présente dans nos cœurs. Et tu verras, ce soir, nous dormirons dans les arbres ».

Plutôt que d’utiliser notre voiture, il loua une petite voiturette de golf grillagée, bien plus maniable que notre lourd 4X4 et m’entraina vers le Sentier des Premières Nations, « parce qu’au fond, toute notre histoire vient d’abord des premiers amérindiens » ajouta-t-il ! Nous pénétrâmes à pied sous le vaste « oiseau tonnerre », une immense sculpture qui dominait l’endroit pour mieux comprendre l’histoire des 11 nations amérindiennes du Québec. L’histoire des origines, des coutumes et du devenir de chacune des nations amérindiennes était racontée sur des panneaux, au pied d’un totem de différente taille. Certains totems faisaient plus de 20 mètres de haut !

Réjean m’entraîna plus loin sur le parcours, pour voir évoluer des animaux du Canada, Au travers de prairies, de forêts, de montagnes, de lacs et de régions boréale, nous avons ainsi traversé l’histoire de la Côte Nord-Est du Canada, comme l’ont vécue nos ancêtres, en visitant au passage un poste de traite de 1847, une ferme ancestrale et une cabane à sucre d’antan ! Je passe sur tous les animaux aperçus (bisons, orignaux, caribous, cerfs rouges, cerfs de Virginie, biches, chevreuils, chèvres d’Amérique, bœufs musqués, bouquetins des Alpes, castors, écureuils, ratons laveurs, sangliers, ours, coyotes, renards roux, renards arctiques), pour me concentrer sur les loups gris.

Deux fois par jour, un commentateur explique le comportement de ces étranges animaux aux puissantes pattes en les nourrissant de petits morceaux de viande. Du haut de la nouvelle aréna (ou à l’intérieur, derrière une épaisse vitre), je dis à Réjean que je n’aimerais pas me retrouver tout seul dans une forêt profonde, face à face avec un seul de ces animaux-là. « Mais tu as été petit scout et ton chef s’appelait Akéla me rappelle-t-il » ! Songeur, je ne réponds pas, pensant que Réjean -l’intrépide s’est peut-être trouvé dans une telle situation lors d’une chasse ! Je préfère m’en tenir à l’idée que les animaux, c’est comme nous, c’est trouillard ! (sans en être complètement certain !)

Nous terminons notre voyage par une nuit dans la cabane perchée du Parc Oméga, qui compte une vingtaine d’hébergements dans son Parc de 10 km2.

C’est le jour du départ vers la France.

Réjean est ému comme moi et nous allons nous quitter. Il m’a promis de venir prochainement en France. Je vais retrouver toute ma smala, à commencer par Elise, mon épouse, qui devrait partir avec ses deux amies. Les uns et les autres raconteront aussi leurs voyages dans le journal de bord.

Pour ma part, cette semaine en pleine nature et les retrouvailles avec mon vieux copain m’ont fait un bien infini. On refera un déjeuner familial de retrouvailles tous ensemble quand tous seront revenus et ce sera sûrement difficile d’en placer une !

Pour ma part, mon voyage au Québec, loin des villes et si proche de la nature et des grands espaces, aura été une expérience inoubliable !

Journal de bord des copines

Dimanche, Marthe

Puisqu’il parait que je suis « la guide », je prends les choses en main. Elise, une ex-Air France, avait encore quelques relations au siège, malgré sa retraite ! Nous avons pu le constater car nous avons été surclassées ! En général, cela ne marche plus ce genre de favoritisme dans les compagnies. Mais quand on vous appelle par votre nom pour vous présenter à l’avant de l’appareil, vous n’hésitez pas. Le voyage aller a été fantastique (champagne, superbe repas, sièges larges, grand écran personnel, merci Air France), si bien que nous étions en pleine forme quand nous avons atterri à Dorval.

Notre voiture de location nous attendait à l’aéroport pour notre première étape. Juste le trottoir à traverser, les valises à mettre dans le coffre et Hop ! Montréal où nous avons dormi dans un bel hôtel-boutique sur le Vieux-Port.

Lundi, Marie

À moi de prendre la plume ! À moi de prouver que mon surnom « Rambo » me sied parfaitement ! Pour cette journée ensoleillée, j’ai concocté pour Marthe et Elise deux belles activités : Les Rapides de Lachine et une promenade à vélo. N’oublions pas que la ville de Montréal est située sur une île sur le Saint-Laurent et que la nature est à proximité.

Les bateaux style «Jet boat» des Rapides de Lachine partent du Vieux-Port, à quelques centaines de mètres de notre hôtel. Les Excursions Rapides de Lachine offre un forfait d’une heure qui nous convient.  Les jet boat sont hydro-propulsés et spécialement conçus pour braver les eaux turbulentes du Saint-Laurent. On nous a bien prévenues que nous serons trempées à notre retour, mais l’équipage qui veille sur nous a fourni des cirés jaunes imperméables et nous avons pu mettre nos affaires dans un vestiaire dédié. Harnachées sur les bancs du bateau jaune à plusieurs moteurs, notre bateau s’élance à grande vitesse sur le Saint-Laurent vers les Rapides de Lachine, cet endroit ainsi nommé par Jacques Cartier qui espérait arriver jusqu’en Chine et dont l’élan conquérant fût stoppé net face à ces puissants rapides. Cela bouge de plus en plus à bord ! Nous prenons soudain de la vitesse et notre capitaine dirige son embarcation de main de maître, face aux trombes d’eau. Chocs et éclaboussures dans tous les sens ! Peu à peu, les vagues se font moins fortes. Le bateau ralentit. Nous passons au-dessous du Pont Champlain pour revenir vers notre point de départ, complètement trempées, très secouées, mais heureuses !

Difficile de prendre une photo en jet boating. Par chance, nous avons vu au loin un autre bateau de la compagnie!

À peine débarquées, je veux montrer à mes copines un petit bijou dont j’ai entendu parler, caché à 15 minutes du centre de Montréal, entre Verdun et Lasalle : le Parc des Rapides.  Nous louons un vélo sur le Vieux-Port et nous voilà pédalant vers la pleine nature, longeant le canal. Marthe, l’organisatrice-pense-à-tout, a prévu un pique-nique et même une nappe sur laquelle nous déjeunons un verre de vin à la main.

Piste cyclable du canal Lachine qui mène au parc des rapides

Des pêcheurs du dimanche, tout proches de nous mais silencieux, nous lancent de temps en temps un coup d’œil réprobateur. Nous ne parlons plus. D’ailleurs, c’est le mieux pour écouter les oiseaux et observer toute cette faune à plume (et à poil – Elise a vu des écureuils -) qui s’ébat aux alentours et ne semble pas dérangée le moins du monde par le son des rapides, au loin. Des aigrettes, reconnaissables à leur houppette, s’envolent tout près de nous. Un peu plus loin, nous croisons des hérons cendrés, majestueux, qui nous ignorent totalement ! Sur la route du retour, un castor traverse royalement notre chemin et plonge bruyamment dans le lac ! Nous sommes bien au Canada !

Mardi, Elise

À mon tour de raconter le programme de ce matin, qui a débuté très tôt par un massage au Spa Bota Bota

Si Joseph n’aime pas les Spa, moi, j’adore, comme mes deux copines d’ailleurs ! Nous avons donc repris nos vélos et fait route vers La Maison des Éclusiers, située en face de la rue McGill, puis emprunté un pont piétonnier traversant les écluses et accédé au jardin du Bota Bota. Accueil très chaleureux. Le massage a débuté, tandis qu’une douce musique à la harpe envahissait la salle ! Cet endroit est très original et je le recommande vivement.  Après un bon sauna pour évacuer les toxines et après un bref plongeon dans un des bassins d’eau froide, nous nous sommes prélassées enfin dans une des nombreuses aires de détente, près d’un hublot, d’où l’on pouvait contempler Montréal !

En fin de matinée, route vers les Laurentides. Notre rapide séjour sportif à Montréal nous a déjà immergé dans la nature canadienne. Nous remarquons à quel point les conducteurs respectent le code de la route. Pas comme en France où les voitures doublent à droite, à toute allure, sans crier gare ! Leurs autoroutes sont bien indiquées, et ici on ne dit pas « prenez l’autoroute du Mont Tremblant » mais « prenez la 15 ». Mais malheur à celui ou celle qui se trompe d’embranchement, car après, ce doit être galère pour se retrouver sur le droit chemin me dis-je, tandis que nous arrivons au Tyroparc de Sainte-Agathe des Monts.

La route est belle au Québec!

Le Tyroparc  fût pour nous une expérience extraordinaire. Après une instruction très efficace, nous partons pour une petite marche de 450 mètres et rejoignons le pied de la falaise. Des instructeurs nous harnachent pour monter 60 mètres plus haut, l’équivalent d’un immeuble de 20 étages, et atteindre la tyrolienne d’où la vue est superbe. J’ai pris plein de photos que j’enverrai ce soir à mes petits-enfants. Notre première envolée a été de 900 mètres, pour rejoindre l’autre bord de la montagne, puis de 650 mètres pour rejoindre le Cap Beauséjour. Quelle sensation incroyable !

Nous étions plusieurs à vouloir essayer la méga tyrolienne….. Et vous auriez dû entendre Marie crier de joie quand elle s’est élancée!!

 

En fin de journée, route vers la station du Mont-Tremblant.

Histoire de la Pourvoirie Kenauk Nature

Réjean-l’historien me rappelle que le domaine seigneurial de Kenauk qui date du 17e siècle, fût légué par le roi de France à Monseigneur de Laval, premier évêque au Québec. La Pourvoirie Kenauk Nature a longtemps fait partie du Château Montebello, jusqu’à sa vente récente à un groupe d’hommes d’affaires. Désormais elle offre plusieurs forfaits à l’année longue. 

Au fur-et-à-mesure que nous avançons sur l’eau, nous découvrons une incroyable faune qui s’agite autour de nous. Sommes-nous les bienvenus ? Réjean arrête le bateau. Plus un bruit. Peu à peu, les oiseaux se remettent à pépier, les grenouilles autour de nous à plonger dans l’eau… Au loin, un canard s’envole bruyamment. La nature semble nous accepter. Le moteur redémarre. Le moment est propice pour que Réjean me raconte l’histoire de la tortue, en baissant la voix… « Le mot Kenauk est le diminutif de « mukenauk », un mot algonquin qui signifie tortue. C’est un animal très symbolique chez les amérindiens qui l’associent à la création de la terre, à la tranquillité, la longévité, la persévérance et la stabilité ».

Ses paroles glissent en moi. Peu à peu, je me fais à ce calme envoutant, je m’imprègne de ce silence, loin de tout, et j’écoute mon âme…

 

La Pourvoirie Kenauk Nature propose également un sentier de 50 km, avec refuge.

Une semaine à la pêche; l’aventure commence!

Ce qui est formidable, pour nous les Français, c’est que nous avons l’embarras du choix pour nous rendre au Québec ! Pas moins de 10 vols directs par jour au départ de Paris en haute saison. J’ai décidé de partir mi-mai, et plusieurs compagnies m’offraient des prix à moins de 500 € pour un voyage de plus de 5500 km ! Tant mieux, cela m’a permis d’inviter mon copain Réjean au Fairmont Château Montebello le soir de mon arrivée ! Je vous recommande vivement cet endroit mythique.

À notre arrivée au Château Montebello

Départ avec Air Canada qui vole quotidiennement sur Montréal.
À l’arrivée, je reconnais immédiatement Réjean, qui n’a pas changé, sauf peut-être les cheveux blancs. Lorsque nous nous sommes reconnus à Dorval où il m’attendait, son premier mot a été kwe, ce qui en langage amérindien veut dire : bonjour !

Nous nous sommes connus à l’internat de médecine à la fin des années 60 et tout le monde aimait son accent et ses expressions bien québécoises ! On s’amusait de son prénom qui nous ramenait au temps de la Nouvelle France, mais tout le service adorait l’écouter nous conter avec moults détails l’histoire de France que nous ne connaissions pas aussi bien que lui. Il savait tout sur Louis XIV, comment étaient dotées les filles du Roi, tout sur la bataille des Plaines d’Abraham, les alliances des anglais avec les méchants Iroquois, et celles des Français avec les gentils Hurons (Il était du côté des Hurons, donc de notre bord).

Les retrouvailles à peine terminées, nous roulons avec son gros 4X4 vers la région de l’Outaouais et notre première étape fût le Fairmont Château Montebello où Réjean me fit un point pratique sur notre séjour à la Pourvoirie Kenauk Nature.

L’aventure commence
La Pourvoirie Kenauk Nature fait partie de la Fédération des Pourvoiries du Québec (FPQ), une institution qui regroupe plus de 350 pourvoiries. C’est le plus vaste réseau d’hébergements en milieu naturel au Québec. Son rôle est bien sûr de représenter les pourvoiries au niveau institutionnel, de les aider à se commercialiser aussi. Il y en a dans toutes les régions du Québec. Les pourvoiries offrent des forfaits de chasse et de pêche ainsi que diverses activités en pleine nature.

Réjean m’a expliqué que la Pourvoirie Kenauk Nature était reconnue comme étant l’un des lieux de pêche les plus appréciés au Québec. L’immense domaine de lacs et rivières abrite une variété étonnante de poissons pour la pêche sportive (qui se pratique de mi-mai à mi-novembre), dont la truite arc-en-ciel, la truite mouchetée, l’achigan à grande bouche, l’achigan à petite bouche, le touladi et le brochet. Il y a d’autres variétés qui assurent une expérience de pêche sportive exceptionnelle pendant toute la saison, dans un calme inégalé. Les chalets sont disséminés sur un immense territoire de 265 km2 avec 60 lacs, souvent à plus de 10 km de l’accueil. Pour notre séjour d’une petite semaine, il a choisi le Chalet Mills, un chalet au charme rustique qui n’est accessible qu’en bateau.

Quand je pense que Réjean nous avait choisi LE chalet… typique de l’image que je m’étais fait de la cabane au Canada!

Une fois le plein de vivres fait, nous nous installons dans ce charmant chalet en bois rond à aire ouverte, situé à cheval entre le Lac Papineau et le lac Mills. L’endroit est magique, le rêve absolu, que l’on soit pêcheur ou non. Je descends les quelques marches qui mènent au lac et m’assied dans les fauteuils en bois. Seuls, les bruits de la nature viennent briser ce magnifique silence, plein de quiétude et de sérénité. Soudain, j’entends un bruit sur le lac, à gauche. « C’est une truite arc-en-ciel qui vient de gober un insecte. Tu en verras d’autres !  », me dit Réjean.

Nous préparons déjà nos cannes à pêche et montons dans un petit canot à moteur électrique pour ne pas effrayer les poissons. Réjean a apporté le sien, en connaisseur.

Peu à peu, je me fais à ce calme envoutant, je m’imprègne de ce silence, loin de tout, et j’écoute mon âme… À mille milles de toute terre habitée, je me dis que j’ai beaucoup de chance.

Belle prise

Afin de parfaire nos connaissances dans le maniement de la canne, nous avons pris un cours privé avec le guide émérite Douglas Goosen, d’Afrique du Sud, grand spécialiste de pêche à la mouche depuis des dizaines d’années. Nous le retrouvons à la marina de la pourvoirie. On nous explique comment lancer le plus loin et le plus précisément possible avant de partir sur le Lac Papineau exercer nos talents.

Je voulais immortaliser ma prise!

Certains lacs et rivières sont uniquement dédiés à la pêche à la mouche. Après une bonne demi-heure d’essais, j’entends dire que je suis prêt. Nous partons, équipés, sur une rivière où il y aurait des truites mouchetées. Moins d’une heure après, j’en ai déjà pris 4 ! Énormes poissons que je remets précautionneusement à l’eau, en me disant qu’il m’aurait fallu des heures pour attraper un seul de ces poissons dans l’étang de ma propriété en France !

Chaque début de journée depuis notre arrivée, nous pêchons et relâchons les poissons dans les différents lacs. C’est fou ce que ça mord ! Merci au guide pour les leçons…

« Les lacs sont régulièrement ensemencés ce qui explique aussi l’abondance de poissons », me dit Réjean.

Un après-midi, pour faire changement, nous avons fait de la planche à pagaie (Paddleboard) sur le lac Mills. C’était paisible et beau. Au cours de notre navigation, nous avons aperçu plusieurs hérons, mais aussi des castors, des loutres et des oies. Le soir, notre location nous autorisant à profiter des installations du Château Montebello, nous avons plongé dans la piscine et nous avons pris un bon verre à l’apéro, avant de retourner dans notre cabane au Canada sans téléphone ni télévision. Un luxe sublime !

Nous avons même pris le temps de consacrer une journée à la marche, un petit 8 km sur le sentier Baldy tout près de notre chalet.  On a débuté un chemin qui montait fort, mais la récompense était à l’arrivée : une vue à couper le souffle sur le Lac Papineau. On voyait même le Mont-Tremblant au loin…

Magnifique vue sur le lac

Voyage entre copines au Québec

Puisque mon mari Joseph a décidé de partir seul, j’ai demandé à Marthe et Marie, mes deux copines de toujours, de m’accompagner au Québec. J’ai passé toute ma carrière chez Air France et terminé à la direction des ressources humaines. C’est dire si je sais comment présenter un projet ! Quitter notre train-train quotidien et nous retrouver toutes les trois entre copines à faire des activités sportives en pleine nature, dans un pays ouvert sécuritaire, a été LE déclic!

Laissez-moi vous les présenter !

Marthe l’organisatrice

Marthe que j’ai connue dans le milieu professionnel comme directrice d’une grande entreprise française, est une organisatrice hors-pair. Le surnom « la chef » lui a immédiatement été attribué par Marie et moi. Elles voulaient voir du pays ? on allait découvrir « Le pays » !

 

Marie la sportive

Marie – la sportive, que j’ai très vite surnommée « Rambo » tant elle fréquentait comme nous les salles de sport, ne parlait que de vélo, de tyrolienne et de Spa. Elle avait découvert sur le web que le Québec proposait de nombreuses activités sportives. L’idée de partir en forêt dans les pas d’un guide chevronné nous séduisait. Terminées donc les salles de sport aseptisées et vive la découverte de contrées sauvages en canot rabaska !

 

Lors d’une ultime réunion préparatoire, Marthe exhiba le dernier Figaro magazine de juin où l’on survolait avec Hydravion Aventure des lacs et des forêts de toutes les couleurs au fil des pages. Nous avons donc convenu de partir deux semaines pendant l’été indien, d’abord dans les Laurentides, puis plus haut dans le Nord, en Abitibi-Témiscamingue, une région à 600 km de Montréal, dont le seul nom évoquait l’aventure, les amérindiens, et la ruée vers l’or. On se voyait déjà, comme des coureurs des bois pour qui les jours et les lunes défilaient au rythme des coups de rames sur une rivière au tracé incertain…

Nous étions déjà transportées dans une forêt sauvage, bruissante de mille cris d’oiseaux. Pour une halte sur une île déserte, notre guide s’affairerait à préparer un feu pour cuire l’énorme truite grise que nous aurions pêchée… Nous nous endormirions sous la tente après avoir recherché dans le ciel illuminé la Grande Ourse, la Petite Ourse… L’aventure serait bien là, à portée de main, bien loin de la civilisation policée de notre entourage !

À nous la liberté, à nous la complicité retrouvée sans les contraintes conjugales, en route vers de nouvelles aventures !

Enfin prêt pour découvrir la forêt canadienne et la pêche

Ça y est. Les préparatifs de mon voyage au Québec vont bon train. Finalement je pars à la pêche avec Réjean, un de mes vieux copain québécois que j’ai connu 50 ans plus tôt. Je l’ai rencontré lorsque qu’il était venu étudier en France à la faculté de médecine. On ne s’est jamais vraiment quittés.

Réjean est un pêcheur hors pair… il n’arrête pas de me parler de la pêche et m’invite à le rejoindre au Canada.

Je pars seul, pour pêcher durant une semaine dans le mythique camp de pêche de la Pourvoirie Kenauk Nature, dans la région de l’Outaouais. Mon arrivée à Montréal est prévue pour la semaine du 25 mai et Réjean m’attendra à l’aéroport pour me conduire dans cet endroit calme et préservé dont j’ai reçu plusieurs photos superbes!

Pas question de partir avec Elise, mon épouse, dont les bavardages feraient sûrement fuir les poissons. Devant mon entêtement, elle a décidé de partir mi-juillet, avec ses deux complices !

Comme je ne suis qu’un pêcheur du dimanche, Réjean se porte volontaire pour me montrer les bases de la pêche à la truite. Et moi qui adore la truite, je parie quelle aura un meilleur goût que celle de la poissonnerie d’à côté !

Bref, je compte les jours et suis enchanté de de revoir mon vieil ami. Nous en profiterons pour rattraper le temps perdu entre deux prises !

Les Lefrançois au Québec – récits de voyage

Cela faisait longtemps que je souhaitais réunir toute ma vaste famille à un repas dominical, pour mon anniversaire.

On avait fini par trouver une date si bien qu’autour de la table on pouvait compter une petite vingtaine de convives.

Le vin coulait à flot. Les conversations partaient dans tous les sens , celles de ma femme et de ses deux copines qu’on avait surnommé les péroreuses, en passant par celles de mes enfants, de mes petits enfants, et même celles de 2 copains amis qui s’étaient retrouvés embrigadés autour de notre tablée.

Quand on apporta le gâteau d’anniversaire, une salve d’applaudissement fit sursauter Poutine, mon gros chien. Mon fils Jean-Pierre et son épouse Marie m’apportèrent alors une enveloppe géante qu’on me somma d’ouvrir. C’était un billet d’Air Canada pour Montréal avec un forfait pêche dans une pourvoirie !

Ça fait longtemps que je leur parlais du Canada, que je m’y voyais en me prenant pour Jack London ou Nicolas Vanier, à la conquête du grand nord…

La famille avait bien prévu le coup. Quelqu’un autour de la table dit : « tu nous raconteras ». D’autres voulaient m’accompagner à la pêche. Bavards comme ils étaient, ils auraient fait fuir les poissons ! 

L’ambiance était électrique, des clans se formaient. Au final, même si ma décision de partir seul était irrévocable, je fûs surpris de constater que tous voulaient découvrir la nature au Québec, mais chacun à sa façon !

Ma femme et ses 2 copines d’enfance envisageaient de faire du vélo, de la voile, du rafting et même de la tyrolienne. Jean-Pierre, Marie et leurs trois enfants iraient faire le tour de la Gaspésie en camping-car. Jacques et Elisabeth fermeraient leur cabinet médical et parlaient d’hydravion, d’expériences amérindiennes, de via ferrata et de kayak de mer. Quant aux deux jeunes, ce serait une immense rando dans la région de Charlevoix, pour découvrir des animaux…

L’idée d’un journal de bord commun que chacun reprendrait pour conter son aventure prenait forme.

Au travers de ces quelques billets, ma famille, les Lefrançois, vous raconte leurs aventures au Québec !