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Pourvoirie

Notre deuxième semaine en camping-car au Québec

Maison dans les arbres. Il faudra revenir pour l’essayer avec les enfants!

Dimanche. Ce matin, après une petite promenade sur le site du Cap Jaseux, Jean-Pierre nous a proposé de tous partir en voilier pour 3 heures à bord du Junior, un quillard de croisière d’où nous avons pu admirer les gigantesques montagnes du Fjord depuis l’eau. L’instructeur nous a raconté l’histoire de ce Fjord de 109 km de long et les légendes qui l’habitent.

Nous serions bien restés encore au Cap Jaseux, pour dormir dans les arbres, dans une cabine suspendue, sous un dôme ou dans une cabine en bois rond, mais nous avions déjà réservé le soir même, à la Pourvoirie du Cap au Leste, distante de quelques kilomètres.

L’endroit est merveilleux! Vue sur le fjord de notre chalet.
Sentier du phare

Lundi. Ce matin, je me repose avec Alexandre pour admirer le paysage et le Fjord qui se déroule à mes pieds. La vue est époustouflante ! Après être descendus à pied sur le Fjord par le sentier du Phare, Jean-Louis, Simon et Alexandre ont emprunté des équipements à l’accueil et sont partis faire du canot et se baigner au Lac des Sables, à 3 km. À 13h, nous avons pris une croisière sur les navettes du Fjord. Ils offrent toute une panoplie de croisières qui sillonnent le Fjord jusqu’à l’Anse Saint-Jean, beaucoup plus bas. Ensuite, nous avons pris la route vers Sacré-Coeur.

Mardi, Flore raconte. Nous sommes allés au Centre de vacances Ferme 5 Étoiles qui propose une excursion champêtre en Quad réunissant toute la famille. Nous avons même accompagné un guide pour ramasser des œufs à la ferme.

Quad «champêtre» en famille

C’était un guide soigneur qui nous a tout expliqué des animaux du refuge dont il avait la charge : orignal, raton laveur, loup… Sur place, nous avons pu voir des bisons, des daims, des chevaux. Et le soir, nous sommes partis à 10 minutes de la Ferme pour observer l’ours noir depuis un abri. On guettait en se regardant sans bouger. J’avais attrapé un de ces fou-rire, mais je me retenais ! Soudain, au bout d’interminables minutes, j’ai vu un petit ourson, puis deux, puis trois et la grosse mère, toute une famille qui avançait silencieusement vers la nourriture. Le gros mâle poussait de drôles de grognements en mangeant. Le déclic de l’appareil de photo de papa a fait fuir toute la tribu. Dommage !

Notre guide nous a permit de nourrir les animaux, trop top!

  

Pour une fois, ce soir, nous avons opté pour une nuit dans ce qu’ils appellent un « prêt à camper », fort confortable et entièrement équipé. Cela nous changera un peu de notre camping-car !

Mercredi. Journée tranquille et reposante. Nous sommes à Tadoussac en train de visiter un musée à ne pas manquer: le GREMM, un organisme à but non lucratif voué à la recherche scientifique sur les baleines du Saint-Laurent et à l’éducation pour la conservation du milieu marin. Nous en saurons plus demain matin pendant l’excursion aux baleines avec Essipit qui abrite aussi une communauté amérindienne. Leurs chalets et condos-hôtels ont d’ailleurs une vue incroyable sur le fleuve d’où l’on entendrait le puissant souffle des baleines.

Jeudi. Lever tôt ce matin pour nous rendre au quai de Bergeronnes et faire une croisière en zodiac avec nos guides Innu. Parfaitement équipés sur place, nous voici partis à la recherche des baleines sur lesquelles on nous donne de nombreuses informations. Tout d’un coup, sur la gauche, un gros souffle : notre première baleine, géante, a fait son apparition ! D’autres suivront, comme celles que nos guides ont surnommées Blanche-Neige et Aramis, une baleine à bosse, très rare à apercevoir. Nous rentrons émerveillés, mais il ne faut pas tarder car notre traversier, le plus rapide du Québec parait-il, part à 16h de Forestville pour Rimouski, sur la Rive Sud !

Quel chance! Pas une, mais 2 queues de baleine!
Jean-Pierre, Flore et Simon ont pu passer la nuit dans le sous-marin. Frileux, Alexandre et moi, avons préféré le confort de notre camping-car ce qu’on nous a vivement reproché le lendemain !

Vendredi. Après notre nuit au camping de Rimouski, nous voulions absolument voir le Site Maritime de Pointe-au-Père  et le sous-marin Onondaga sur lequel nous avions lu des reportages en France. L’exposition sur l’Empress of Ireland était poignante ; le film d’abord, qui raconte le terrible naufrage de ce paquebot qui sombra en 14 minutes en 1914 avec 1012 victimes, mais aussi l’exposition poignante des objets du passé, témoignant de la vie à bord et la construction du navire… Les enfants ont bien sûr voulu voir le nouveau spectacle de marionnettes géantes, avant de se prendre pour des sous-mariniers à bord de l’Onondaga.

 

Pavots bleus

Samedi. En route vers le Jardin Botanique de Métis sur mer. C’est un incontournable quand on fait le tour de la Gaspésie. Nous qui adorons visiter les jardins les plus connus de France, nous avons été émerveillés par les quelque 3000 espèces et variétés de plantes cultivées sur place, dont le fameux pavot bleu de l’Himalaya que j’ai pris en photo sous tous les angles !

Dans la journée, nous reprenons la 132 vers l’immense éolienne de Cap-Chat. En France, on est plutôt gâtés pour le nombre d’éoliennes qui peuplent le paysage, mais celle-ci mérite le respect ! On ne risque pas de la louper car, avec ses 110 mètres de haut, on la voit à des kilomètres à la ronde ! Elle est bien plus haute que la tour de Big Ben à Londres ! La montée était un véritable challenge car j’ai le vertige ! Mais ce fût une expérience extraordinaire avec au sommet une vue à couper le souffle. L’accueil du guide pour l’ascension fût très chaleureux, avec une visite technique très intéressante, pimentée de beaucoup d’humour.

Nous dormons dans un charmant camping de la Fédération Camping Québec qui porte bien son nom : le Camping au bord de la mer.

Plus qu’une autre semaine, et nous devrons repartir pour la France… Chose certaine, nous allons en profiter pleinement!

Voir le récit de notre première semaine

 

Profiter des bienfaits du plein air au Québec – première semaine

Même si nous sommes très occupé, le Québec s’est avéré la destination idéale pour partir deux semaines loin de nos occupations stressantes et pour s’adonner à leurs passions sportives, en pleine nature.

D’ailleurs, notre agence de voyage qui connait bien le Québec nous a concocté un programme sur mesure en septembre, une occasion inespérée pour découvrir les couleurs de la forêt !

Pour commencer, lâcher-prise

C’est à mon tour de raconter notre voyage dans le journal de bord familial ! Je souhaite que notre récit démontre à tous les autres membres de la famille Lefrançois que la nature et les bienfaits qu’elle apporte est bienfaisante où que l’on soit au Québec. Cette période de 2 semaines sera notre période de « lâcher-prise » !

Après un excellent vol avec Air France dans des conditions fort confortables, nous passons notre première nuit dans un hôtel-boutique de Montréal. Comme nous sommes des amoureux de la nature, notre agence a pensé nous mettre dans le bain dès le lendemain par une visite du Jardin botanique de Montréal qui présente aux visiteurs une diversité remarquable de végétaux à travers une trentaine de jardins thématiques et de 10 serres d’exposition.  Ce jardin est un clin d’œil de la nature en ville à celle de la forêt toute proche. Nous avons commencé par la serre de forêt tropicale humide avec ses immenses fougères, fleurs multicolores et autres bananiers avant d’arpenter la serre des orchidées dans un décor évoquant les ruines d’une ancienne forteresse envahie par les plantes tropicales. Évidemment, l’insectarium  a retenu toute notre attention, particulièrement les scarabées géants de la forêt tropicale, des bestioles qui font peur mais qui font partie de la nature que nous aimons tant…

La campagne

Après avoir pris la route sur rive nord du Saint-Laurent, nous voici à l’Auberge Le Baluchon Eco-villégiature.  Notre agence nous avait bien recommandé de commencer notre voyage par un séjour de 2 nuits dans ce fleuron du réseau hôtelier  Ôrigine. Cette auberge 4 étoiles nous a tout de suite plu. En plus de sa table exceptionnelle, de ses chambres superbement décorées, nous avons profité des activités sportives tels une balade à cheval dans la forêt que nous avons faite durant 4 heures au travers des 44 hectares du domaine et surtout un Spa merveilleux dont nous avons profité tous les deux.

Nos montures nous attendent!

On se voyait déjà y revenir pour une semaine complète en hiver !

Un fjord géant

Aujourd’hui, notre route se poursuit vers le Fjord du Saguenay. Notre voyage sportif n’aurait pas été complet si nous n’avions pas fait de la voile. C’était un de nos souhait, même s’il fallait faire une longue route. Notre agence avait repéré un prestataire de grande renommée au Québec à l’Anse Saint-Jean, Voile Mercator, qui a obtenu un prix d’excellence.  Après une superbe route de quelque 400 km qui passait par Québec et la région de Charlevoix – que nous nous réservions de visiter à notre retour – nous sommes arrivés dans le ravissant petit village de la rive sud du Fjord du Saguenay : l’Anse-Saint-Jean où nous avons dormi dans un chalet avec une vue exceptionnelle sur le Fjord : les Chalets sur le Fjord. Décidément, notre agence avait tout prévu !

Voile Mercator, à la fois une école de voile, propose des forfaits de courte durée pour voguer le long du Fjord-du- Saguenay jusqu’à Rivière-Éternité et même d’autres forfaits incluant une nuit à bord ! En voguant sur le Fjord, nous nous prenions presque comme des matelots de Jacques Cartier. Nous avions un instructeur pour nous seuls, qui nous assistait dans nos manœuvres. Le soir, après notre repas, comme le ciel était particulièrement clair, nous avons contemplé le firmament.

Tant d’émerveillement devant le paysage des montagnes plongeant à pic dans le fjord. C’était impressionnant.

Nous avons ensuite flâné dans le ravissant village de l’Anse-Saint-Jean où tout semble prévu pour des activités sportives et pour tous les âges, puisque l’on peut y faire du vélo, de la randonnée, du kayak de mer, de la voile, de la pêche, et l’hiver de la motoneige, du ski, des raquettes et j’en passe ! Il est cependant temps de partir et nous prenons le bac qui traverse le Fjord-du-Saguenay de Baie-Sainte-Catherine vers Tadoussac, dont nous visitons le ravissant petit port, avant de faire route vers Vacances Essipit, une quarantaine de kilomètres plus loin. L’endroit est superbe et l’accueil des amérindiens qui dirigent les condos où nous dormirons, excellent. Depuis maintenant plus de 35 ans, les entreprises Essipit offrent une expérience axée sur la nature, au cœur du territoire innu. L’organisation gère l’ensemble des activités, notamment les croisières en zodiac.

Un fleuve habité

Et nous voici au raz de l’eau, au cœur de la fosse marine, à bord d’un petit zodiac de 12 personnes, avec un guide amérindien qui nous parle des baleines avec passion. On sent qu’il a l’expérience du fleuve dont la navigation n’est pas toujours évidente. Le zodiac secoue sûrement plus que les grands bateaux de la compagnie des Croisières AML  mais cela nous donne le goût de l’aventure et une certaine proximité. 

Notre guide nous explique que les cétacés viennent se nourrir dans les eaux du St-Laurent riches en krill. Des courants marins profonds dans l’estuaire du Saint-Laurent provoquent de fortes concentrations de cette abondante nourriture dont les cétacés raffolent. Sous l’action des courants de la marée, cette masse de krill se retrouve alors piégée et les cétacés n’ont plus qu’à engloutir leurs 5 tonnes d’eau chacun pour se nourrir. Sur notre retour, nous avons aperçu des marsouins mais surtout des dizaines de phoques gris qui se prélassaient sur les bords de la rive, sans se soucier aucunement de notre passage !

Notre récompense. Un banc de rorquals communs!
Nous n’étions pas seuls! Nous avons même croisé un autre zodiac faisant l’observation des baleines comme nous.

En fin de journée, nous étions maintenant rendu dans  un autre endroit sublime que notre agence nous avait indiqué : l’hôtel Germain

Tous à la rivière

Aujourd’hui, les activités sportives continuent avec le prestataire de kayak de mer Katabatik à Baie-Saint-Paul. Après un transport en minibus tirant nos kayaks, on nous explique bien les rudiments du kayak de mer et nous voilà pagayant sur la rivière du Gouffre. La rivière est incroyablement belle. De temps en temps, nous avons croisé des pêcheurs à la mouche qui nous saluaient. C’est une rivière connue pour les saumons d’Atlantique, la truite mouchetée (l’omble de la fontaine) et la truite arc-en-ciel.

Nous l’avons parcourue sur 12 km et fait halte pour un pique-nique sur une petite plage, suivie bien sûr d’une baignade. Nous retournons pour la nuit à l’hôtel Germain pour déguster aussi le repas du soir particulièrement raffiné.

Nous sommes un petit groupe d’une vingtaine de personnes, très bien encadrés par des professionnels sympathiques.

Notre voyage n’est pas encore terminé. D’autres aventures suivront….

 

Journal de bord des copines – 2e partie

Mercredi, Marie

C’est à moi la sportive de reprendre la plume, car depuis la superbe station de villégiature du Mont-Tremblant,  j’ai repéré un loueur de bicyclettes qui part du petit village de Labelle, juste à côté, pour une randonnée sur la route verte du P’tit Train du Nord. Elle est très adaptée, cette route cyclable qui emprunte le tracé de ce petit chemin de fer du fameux « Curé Labelle », ce génial ecclésiastique qui encouragea la colonisation de la région des Laurentides à la fin du XIXe siècle pour freiner l’important exode des Canadiens-français, et desservir par le chemin de fer « les Pays d’en haut », complètement enneigés l’hiver. Dans l’ancienne gare de Labelle transformée en musée ferroviaire, nous apprenons que c’est le Canadien Pacifique qui a prolongé la ligne de Saint-Jérôme à Mont-Laurier, bien au-delà du Mont Tremblant. Depuis, la voie de chemin de fer a été transformée en piste cyclable. Le soir, sur le bord de l’immense lac du Mont-Tremblant, nous écoutons les oiseaux se répondre, avant d’aller nous reposer. Demain, la journée sera rude !

Entrée de la route verte P’tit train du Nord

 

Jeudi et vendredi, Elise

Quand Je pense à Joseph, mon mari, je suis sûr qu’il aurait aimé nos deux jours passés à Aventures Kiamika, au nord du réservoir du parc régional Kiamika dans les Hautes Laurentides.  Cette entreprise offre de nombreuses activités de pleine nature sur un territoire d’une beauté exceptionnelle.

Le Réservoir Kiamika s’étire à perte de vue, et dans cette forêt Boréale qui nous entoure, il parait qu’on peut écouter le hurlement des loups la nuit !  Chacun des hébergements (tentes ou chalets) a le confort nécessaire et sans superflu pour profiter pleinement de la nature. Car nous sommes en pleine nature, sans réseau téléphonique, et avec un réseau électrique uniquement alimenté par de l’énergie solaire. Juste ce qu’il faut pour décrocher complètement. À peine arrivées, nous avons été accueillies par Carl Boudreault le fondateur, Marc André Fortin et Geneviève qui nous ont proposé les activités de demain autour d’un bon repas : promenade en canot ou en kayak le matin, puis baignade dans le lac sur une des nombreuses îles du lac. Geneviève nous a entraîné dans une belle promenade sur les sentiers de l’ile de la Perdrix Blanche et nous avons croisé des petits animaux qu’elle seule connaissait.

À notre retour, Marie-Rambo a trouvé le courage de terminer la journée par une promenade à vélo cross-country sur l’un des chemins aménagés.

Samedi, Elise

Dommage, car nous n’aurons pas profité de l’activité yoga proposée sur ce site préservé. Mais aujourd’hui, ce sera route toute la journée, car nous sommes attendues ce soir à la Réserve Beauchêne, en Abitibi-Témiscamingue…

Dimanche, lundi, mardi : Elise

A 600 km de Montréal, nous sommes en pleine nature, logées dans un des chalets de la Réserve Beauchêne. Ce matin au réveil, petit déjeuner à la vaste salle à manger où l’on nous sert un copieux repas. On nous y apprend que la région de l’Abitibi-Témiscamingue est immense, avec 65 000 km2 de forêts et plus 22 000 lacs et rivières.  La Réserve jouit de 40 lacs. Les familles, les amoureux de la nature, les chasseurs et les pêcheurs la fréquentent régulièrement.  

Plutôt que de loger dans le pavillon principal « la maison blanche » ou de camper sur un de leurs terrains dédiés, nous avons opté pour un des luxueux chalets aux noms d’oiseaux (l’Aigle, le Balbuzard, Le Héron, le Canard Cendré etc.) et avons choisi le chalet « Grand Corbeau », avec trois magnifiques chambres, deux salles de bain, et surtout une immense terrasse qui domine le lac. Marthe et Marie sont affalées dans un des profonds divans, en train de contempler le Lac Beauchêne tandis que je raconte notre journée dans le journal de bord commun tout en préparant l’apéritif dans une cuisine géniale et très tendance dont j’aimerais bien disposer en France ! Un confort inouï en pleine forêt !

Notre chalet à la Réserve Beauchêne

Lundi est la journée dédiée à la pêche. Départ en canot pour essayer d’attraper une des sept espèces de poissons des lacs de la Réserve dont l’Achigan à petite bouche, une de leur spécialité. Il parait que cette espèce est en moyenne de 1,4 kilos.  Il y a aussi des Ombles de fontaine qui dépasseraient les 2 kilos, des dorés et des brochets énormes ! Les poissons sont ensuite relâchés dans le lac. La Réserve nous a fourni des cannes à pêche, les permis et des bateaux à moteur électrique pour ne pas effrayer les poissons.  Les paysages sont sauvages. Nous accostons sur une petite berge pour observer un barrage de castors avant de nous baigner et de retourner à bon port ! Apéro, souper comme on dit ici et dodo dans un lit king-size bien moelleux !

 

Marthe a fait une prise! Bien entendu, nous l’avons remis à l’eau…

Mardi, nous avons pu faire plusieurs des activités proposées : randonnées, vélo, canot. Évidemment, Rambo-Marie a choisi le kayak. Mais Marthe et moi-même avons absolument voulu essayer le Paddleboard. C’est plus calme et même reposant de pagayer à notre rythme, entourées par cette forêt qui commence à se parer de mille couleurs. L’été indien se précise… Quant à notre promenade dans les bois, elle nous a permis de voir des huards à collier. Il parait qu’au mois de septembre, on peut en observer se poser par groupes entiers car le lac Beauchêne est une halte migratoire pour cette espèce.

Ce soir, pour notre dernier jour à La Réserve, nous avons profité de la table du chef au restaurant de la Maison Blanche. Demain, ce sera le retour vers Montréal et départ pour la France après demain. J’ai hâte de conter à Joseph notre voyage et de comparer avec lui.

Une chose est certaine, c’est que les trois copines que nous sommes auront bien des choses à raconter autour de nous !

Histoire de la Pourvoirie Kenauk Nature

Réjean-l’historien me rappelle que le domaine seigneurial de Kenauk qui date du 17e siècle, fût légué par le roi de France à Monseigneur de Laval, premier évêque au Québec. La Pourvoirie Kenauk Nature a longtemps fait partie du Château Montebello, jusqu’à sa vente récente à un groupe d’hommes d’affaires. Désormais elle offre plusieurs forfaits à l’année longue. 

Au fur-et-à-mesure que nous avançons sur l’eau, nous découvrons une incroyable faune qui s’agite autour de nous. Sommes-nous les bienvenus ? Réjean arrête le bateau. Plus un bruit. Peu à peu, les oiseaux se remettent à pépier, les grenouilles autour de nous à plonger dans l’eau… Au loin, un canard s’envole bruyamment. La nature semble nous accepter. Le moteur redémarre. Le moment est propice pour que Réjean me raconte l’histoire de la tortue, en baissant la voix… « Le mot Kenauk est le diminutif de « mukenauk », un mot algonquin qui signifie tortue. C’est un animal très symbolique chez les amérindiens qui l’associent à la création de la terre, à la tranquillité, la longévité, la persévérance et la stabilité ».

Ses paroles glissent en moi. Peu à peu, je me fais à ce calme envoutant, je m’imprègne de ce silence, loin de tout, et j’écoute mon âme…

 

La Pourvoirie Kenauk Nature propose également un sentier de 50 km, avec refuge.

Une semaine à la pêche; l’aventure commence!

Ce qui est formidable, pour nous les Français, c’est que nous avons l’embarras du choix pour nous rendre au Québec ! Pas moins de 10 vols directs par jour au départ de Paris en haute saison. J’ai décidé de partir mi-mai, et plusieurs compagnies m’offraient des prix à moins de 500 € pour un voyage de plus de 5500 km ! Tant mieux, cela m’a permis d’inviter mon copain Réjean au Fairmont Château Montebello le soir de mon arrivée ! Je vous recommande vivement cet endroit mythique.

À notre arrivée au Château Montebello

Départ avec Air Canada qui vole quotidiennement sur Montréal.
À l’arrivée, je reconnais immédiatement Réjean, qui n’a pas changé, sauf peut-être les cheveux blancs. Lorsque nous nous sommes reconnus à Dorval où il m’attendait, son premier mot a été kwe, ce qui en langage amérindien veut dire : bonjour !

Nous nous sommes connus à l’internat de médecine à la fin des années 60 et tout le monde aimait son accent et ses expressions bien québécoises ! On s’amusait de son prénom qui nous ramenait au temps de la Nouvelle France, mais tout le service adorait l’écouter nous conter avec moults détails l’histoire de France que nous ne connaissions pas aussi bien que lui. Il savait tout sur Louis XIV, comment étaient dotées les filles du Roi, tout sur la bataille des Plaines d’Abraham, les alliances des anglais avec les méchants Iroquois, et celles des Français avec les gentils Hurons (Il était du côté des Hurons, donc de notre bord).

Les retrouvailles à peine terminées, nous roulons avec son gros 4X4 vers la région de l’Outaouais et notre première étape fût le Fairmont Château Montebello où Réjean me fit un point pratique sur notre séjour à la Pourvoirie Kenauk Nature.

L’aventure commence
La Pourvoirie Kenauk Nature fait partie de la Fédération des Pourvoiries du Québec (FPQ), une institution qui regroupe plus de 350 pourvoiries. C’est le plus vaste réseau d’hébergements en milieu naturel au Québec. Son rôle est bien sûr de représenter les pourvoiries au niveau institutionnel, de les aider à se commercialiser aussi. Il y en a dans toutes les régions du Québec. Les pourvoiries offrent des forfaits de chasse et de pêche ainsi que diverses activités en pleine nature.

Réjean m’a expliqué que la Pourvoirie Kenauk Nature était reconnue comme étant l’un des lieux de pêche les plus appréciés au Québec. L’immense domaine de lacs et rivières abrite une variété étonnante de poissons pour la pêche sportive (qui se pratique de mi-mai à mi-novembre), dont la truite arc-en-ciel, la truite mouchetée, l’achigan à grande bouche, l’achigan à petite bouche, le touladi et le brochet. Il y a d’autres variétés qui assurent une expérience de pêche sportive exceptionnelle pendant toute la saison, dans un calme inégalé. Les chalets sont disséminés sur un immense territoire de 265 km2 avec 60 lacs, souvent à plus de 10 km de l’accueil. Pour notre séjour d’une petite semaine, il a choisi le Chalet Mills, un chalet au charme rustique qui n’est accessible qu’en bateau.

Quand je pense que Réjean nous avait choisi LE chalet… typique de l’image que je m’étais fait de la cabane au Canada!

Une fois le plein de vivres fait, nous nous installons dans ce charmant chalet en bois rond à aire ouverte, situé à cheval entre le Lac Papineau et le lac Mills. L’endroit est magique, le rêve absolu, que l’on soit pêcheur ou non. Je descends les quelques marches qui mènent au lac et m’assied dans les fauteuils en bois. Seuls, les bruits de la nature viennent briser ce magnifique silence, plein de quiétude et de sérénité. Soudain, j’entends un bruit sur le lac, à gauche. « C’est une truite arc-en-ciel qui vient de gober un insecte. Tu en verras d’autres !  », me dit Réjean.

Nous préparons déjà nos cannes à pêche et montons dans un petit canot à moteur électrique pour ne pas effrayer les poissons. Réjean a apporté le sien, en connaisseur.

Peu à peu, je me fais à ce calme envoutant, je m’imprègne de ce silence, loin de tout, et j’écoute mon âme… À mille milles de toute terre habitée, je me dis que j’ai beaucoup de chance.

Belle prise

Afin de parfaire nos connaissances dans le maniement de la canne, nous avons pris un cours privé avec le guide émérite Douglas Goosen, d’Afrique du Sud, grand spécialiste de pêche à la mouche depuis des dizaines d’années. Nous le retrouvons à la marina de la pourvoirie. On nous explique comment lancer le plus loin et le plus précisément possible avant de partir sur le Lac Papineau exercer nos talents.

Je voulais immortaliser ma prise!

Certains lacs et rivières sont uniquement dédiés à la pêche à la mouche. Après une bonne demi-heure d’essais, j’entends dire que je suis prêt. Nous partons, équipés, sur une rivière où il y aurait des truites mouchetées. Moins d’une heure après, j’en ai déjà pris 4 ! Énormes poissons que je remets précautionneusement à l’eau, en me disant qu’il m’aurait fallu des heures pour attraper un seul de ces poissons dans l’étang de ma propriété en France !

Chaque début de journée depuis notre arrivée, nous pêchons et relâchons les poissons dans les différents lacs. C’est fou ce que ça mord ! Merci au guide pour les leçons…

« Les lacs sont régulièrement ensemencés ce qui explique aussi l’abondance de poissons », me dit Réjean.

Un après-midi, pour faire changement, nous avons fait de la planche à pagaie (Paddleboard) sur le lac Mills. C’était paisible et beau. Au cours de notre navigation, nous avons aperçu plusieurs hérons, mais aussi des castors, des loutres et des oies. Le soir, notre location nous autorisant à profiter des installations du Château Montebello, nous avons plongé dans la piscine et nous avons pris un bon verre à l’apéro, avant de retourner dans notre cabane au Canada sans téléphone ni télévision. Un luxe sublime !

Nous avons même pris le temps de consacrer une journée à la marche, un petit 8 km sur le sentier Baldy tout près de notre chalet.  On a débuté un chemin qui montait fort, mais la récompense était à l’arrivée : une vue à couper le souffle sur le Lac Papineau. On voyait même le Mont-Tremblant au loin…

Magnifique vue sur le lac

Enfin prêt pour découvrir la forêt canadienne et la pêche

Ça y est. Les préparatifs de mon voyage au Québec vont bon train. Finalement je pars à la pêche avec Réjean, un de mes vieux copain québécois que j’ai connu 50 ans plus tôt. Je l’ai rencontré lorsque qu’il était venu étudier en France à la faculté de médecine. On ne s’est jamais vraiment quittés.

Réjean est un pêcheur hors pair… il n’arrête pas de me parler de la pêche et m’invite à le rejoindre au Canada.

Je pars seul, pour pêcher durant une semaine dans le mythique camp de pêche de la Pourvoirie Kenauk Nature, dans la région de l’Outaouais. Mon arrivée à Montréal est prévue pour la semaine du 25 mai et Réjean m’attendra à l’aéroport pour me conduire dans cet endroit calme et préservé dont j’ai reçu plusieurs photos superbes!

Pas question de partir avec Elise, mon épouse, dont les bavardages feraient sûrement fuir les poissons. Devant mon entêtement, elle a décidé de partir mi-juillet, avec ses deux complices !

Comme je ne suis qu’un pêcheur du dimanche, Réjean se porte volontaire pour me montrer les bases de la pêche à la truite. Et moi qui adore la truite, je parie quelle aura un meilleur goût que celle de la poissonnerie d’à côté !

Bref, je compte les jours et suis enchanté de de revoir mon vieil ami. Nous en profiterons pour rattraper le temps perdu entre deux prises !

Les Lefrançois au Québec – récits de voyage

Cela faisait longtemps que je souhaitais réunir toute ma vaste famille à un repas dominical, pour mon anniversaire.

On avait fini par trouver une date si bien qu’autour de la table on pouvait compter une petite vingtaine de convives.

Le vin coulait à flot. Les conversations partaient dans tous les sens , celles de ma femme et de ses deux copines qu’on avait surnommé les péroreuses, en passant par celles de mes enfants, de mes petits enfants, et même celles de 2 copains amis qui s’étaient retrouvés embrigadés autour de notre tablée.

Quand on apporta le gâteau d’anniversaire, une salve d’applaudissement fit sursauter Poutine, mon gros chien. Mon fils Jean-Pierre et son épouse Marie m’apportèrent alors une enveloppe géante qu’on me somma d’ouvrir. C’était un billet d’Air Canada pour Montréal avec un forfait pêche dans une pourvoirie !

Ça fait longtemps que je leur parlais du Canada, que je m’y voyais en me prenant pour Jack London ou Nicolas Vanier, à la conquête du grand nord…

La famille avait bien prévu le coup. Quelqu’un autour de la table dit : « tu nous raconteras ». D’autres voulaient m’accompagner à la pêche. Bavards comme ils étaient, ils auraient fait fuir les poissons ! 

L’ambiance était électrique, des clans se formaient. Au final, même si ma décision de partir seul était irrévocable, je fûs surpris de constater que tous voulaient découvrir la nature au Québec, mais chacun à sa façon !

Ma femme et ses 2 copines d’enfance envisageaient de faire du vélo, de la voile, du rafting et même de la tyrolienne. Jean-Pierre, Marie et leurs trois enfants iraient faire le tour de la Gaspésie en camping-car. Jacques et Elisabeth fermeraient leur cabinet médical et parlaient d’hydravion, d’expériences amérindiennes, de via ferrata et de kayak de mer. Quant aux deux jeunes, ce serait une immense rando dans la région de Charlevoix, pour découvrir des animaux…

L’idée d’un journal de bord commun que chacun reprendrait pour conter son aventure prenait forme.

Au travers de ces quelques billets, ma famille, les Lefrançois, vous raconte leurs aventures au Québec !