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Poursuite de notre rêve, entre mer et montagnes

Au milieu du Saint-Laurent

Pour changer un peu des activités que nous avons fait jusqu’à maintenant, nous avons pris le bateau de la Société Duvetnor depuis Rivière-du-Loup pour faire route plein vent vers les îles du Pot à l’eau de vie. Cet archipel comprend trois îlots dénommés Le Gros Pot, Le Petit Pot et Le Pot du Phare à 1 km de la rive nord-est de l’île aux Lièvres.

Humant le vent, nous tombons sous le charme de cette île, dominée par un phare imposant, envahi par des centaines d’oiseaux très bruyants. Et comme Eléonore est aussi ornithologue, j’ai droit au nom de toutes les espèces qui tournicotent autour du phare comme les grives à dos d’olive, les bruants à gorge blanche, les parulines à poitrine blanches (à ne pas confondre avec les parulines obscures), les gélinottes huppées et bien sûr les Grands ducs d’Amérique ! Le soir, nuit dans le phare blottis au fond de notre lit, heureux et surtout émerveillés d’écouter la mer, après un magnifique coucher de soleil.

Au coeur des montagnes

Après la mer, la montagne! J’écris ce soir depuis les petits chalets des Gîtes du Mont-Albert, dans le Parc national de la Gaspésie, où nous resterons trois jours. Le bateau de Duvetnor nous a ramené à terre ce matin tôt. Tant mieux, car nous avions beaucoup de route à faire. La route 132 qui longe le Saint-Laurent est d’une grande beauté. Nous avons aperçu les immenses éoliennes de Cap-Chat, et avons fait un arrêt à Exploramer.

Ce musée vivant est un complexe d’activités axées sur le milieu marin du Saint-Laurent. Parmi les activités proposées par cette véritable institution du monde marin, nous avons choisi de monter à bord du JV Exploramer, un zodiac de 18 passagers, pour une excursion en mer. Le guide nous a parlé de l’écosystème du Saint-Laurent, et nous avons aidé à remonter des casiers de crabes ! On aurait bien fait l’activité de cueillette de poissons avec un guide expérimenté en enfilant des bottes et en explorant les espèces qui se cachent dans le fond du Saint-Laurent, mais la marée était haute et nous avions encore beaucoup de route à faire…

À regret, nous avons donc continué notre route, pénétré dans la réserve faunique des Chics-Chocs pour atteindre les Gites-du-Mont-Albert après 350 km. Heureusement, nous avions réservé à l’avance non pas dans l’auberge 4 étoiles, mais dans l’un des 5 chalets de la Rivière, à 500 mètres de l’Auberge. Notre petit chalet est prévu pour deux, avec grand lit, cuisinette et salle de douche. Il y avait bien une cuisinette, mais nous avons préféré faire notre repas à l’extérieur sur un feu de bois.

Exactement ce qu’il nous fallait !

Nous en avons profité pour aller pêcher lors de notre première journée. Tout est facile. L’organisme nous a fournis la barque, le matériel et le permis de pêche. Le préposé nous a même souhaité de ramener des poissons, nombreux parait-il dans un des 7 lacs.

Le lendemain, nous sommes partis faire un des sentiers du Mont Jacques-Cartier et nous avons pu observer… un énorme Caribou que nous avons pu approcher d’assez près. Une femelle et son petit se trouvaient à quelques kilomètres de nous, suivie par une autre femelle qui, sortant de sa cachette, s’est jointe à la partie !

Départ ensuite vers une toute portion du Sentier international des Appalaches (SIA) dont j’ai lu que c’était le premier GR d’Amérique du Nord. Pour la portion Québec, il commence à Matapédia, continue vers la Vallée jusqu’à Amqui pour finalement atteindre la réserve faunique de Matane et la pointe à Forillon. Il faut beaucoup de temps pour parcourir les 650 km, mais nous avons opté pour une toute petite randonnée qui partait de Sainte-Maxime du Mont-Louis jusqu’à l’Anse Pleureuse et récupérer notre voiture au retour. Le Chemin des Côtes porte bien son nom car le sentier surplombe tout le temps le Saint-Laurent sur notre gauche. Les falaises des montagnes Appalaches se découpaient avec force et splendeur dans le bleu du ciel et de la mer. De temps en temps, des nuées de guillemots passaient au-dessus de nos têtes avant de plonger à pic dans la mer pour ramener un poisson. A notre retour, nous avons dormi dans un des nombreux gîtes de Sainte-Maxime-du-Mont-Louis.

 

Le bout… du Québec!

Aujourd’hui, nous avons quitté à regret nos charmants hôtes de Sainte-Maxime-du-Mont-Louis pour atteindre enfin le Parc National du Canada Forillon, géré par Parc Canada. Nous avons déjà prévu notre logement dans une tente oTENTIk (oui, ça s’écrit comme ça !) mais les buts de nos deux journées seront multiples : marcher longuement sur l’immense plage de galets, découvrir le phare de Cap-des-Rosiers qui date de 1858, le plus haut phare du Canada, mais aussi observer la nature ! Car la nature est puissante en cet endroit. Je suis certain de pouvoir apercevoir des baleines bleues depuis l’un des belvédères mis en place (le plus gros animal de la planète quand même !)

Le Parc National de Forillon offre de nombreuses randonnées qui longent l’océan pour la plupart. Nous n’avons pas vu de baleines depuis la terre. Eléonore était déçue ! Elle m’avait juré qu’elle avait entendu un son puissant qui ne pouvait provenir que d’une baleine proche de la côte. Au bout de 20 minutes d’attente à guetter, nous avons fini par démarrer notre balade décrite dans le petit guide des sentiers, « la Taïga » et nous sommes élancés dans une forêt où poussent de nombreuses fougères très spécifiques à cet endroit. Depuis une cache discrète, avec nos jumelles,nous avons observé des tas d’oiseaux qui venaient se nourrir dans un marais salé.

En revenant vers nos pas, deux petites oreilles sortaient du haut des herbes ! Nous nous sommes approchés et sommes tombés sur… un ourson, qui s’était engagé sur le sentier. Il prit la fuite, très craintif. Nous aussi, qui espérions que la maman ours n’était pas dans les environs ! Puis ce fût la randonnée intitulée « les parages », une boucle d’environ 3 km, où nous avons foulé des champs entre de très vieilles maisons, dont celle des Barlett et des Dolbel-Roberts. Nous avons visité le magasin général Hyman & Sons où avait lieu une animation relatant l’importance du commerce international de la morue autrefois avant d’aller voir la maison jaune à l’Anse-Blanchette, véritable emblème du parc qui témoigne de la dure vie des pêcheurs-cultivateurs d’antan….

Les excursions proposées sont de différents niveaux. Celle de Cap-Bon-Ami était plus dure, car il faut grimper, mais quelle vue sur la mer de tour d’observation sur l’océan !

Au retour vers notre véhicule, nous avons vu quelques personnes, les yeux rivés vers un talus. Un ours noir se prélassait, bien moins craintif que celui que nous avions vu précédemment. Il a quitté la route d’un pas nonchalant ! Avant de retourner vers notre camping, nous avons repéré la hutte des castors, un endroit où ils se laissent approcher assez facilement. Juste à côté, un porc-épic et une marmotte ! Décidément, ce parc est rempli d’animaux sauvages, surtout que pendant la nuit, nous entendions d’étranges grognements près de la voiture. C’était une ribambelle de ratons-laveurs qui se disputaient les restes de notre repas !

Notre deuxième semaine en camping-car au Québec

Maison dans les arbres. Il faudra revenir pour l’essayer avec les enfants!

Dimanche. Ce matin, après une petite promenade sur le site du Cap Jaseux, Jean-Pierre nous a proposé de tous partir en voilier pour 3 heures à bord du Junior, un quillard de croisière d’où nous avons pu admirer les gigantesques montagnes du Fjord depuis l’eau. L’instructeur nous a raconté l’histoire de ce Fjord de 109 km de long et les légendes qui l’habitent.

Nous serions bien restés encore au Cap Jaseux, pour dormir dans les arbres, dans une cabine suspendue, sous un dôme ou dans une cabine en bois rond, mais nous avions déjà réservé le soir même, à la Pourvoirie du Cap au Leste, distante de quelques kilomètres.

L’endroit est merveilleux! Vue sur le fjord de notre chalet.
Sentier du phare

Lundi. Ce matin, je me repose avec Alexandre pour admirer le paysage et le Fjord qui se déroule à mes pieds. La vue est époustouflante ! Après être descendus à pied sur le Fjord par le sentier du Phare, Jean-Louis, Simon et Alexandre ont emprunté des équipements à l’accueil et sont partis faire du canot et se baigner au Lac des Sables, à 3 km. À 13h, nous avons pris une croisière sur les navettes du Fjord. Ils offrent toute une panoplie de croisières qui sillonnent le Fjord jusqu’à l’Anse Saint-Jean, beaucoup plus bas. Ensuite, nous avons pris la route vers Sacré-Coeur.

Mardi, Flore raconte. Nous sommes allés au Centre de vacances Ferme 5 Étoiles qui propose une excursion champêtre en Quad réunissant toute la famille. Nous avons même accompagné un guide pour ramasser des œufs à la ferme.

Quad «champêtre» en famille

C’était un guide soigneur qui nous a tout expliqué des animaux du refuge dont il avait la charge : orignal, raton laveur, loup… Sur place, nous avons pu voir des bisons, des daims, des chevaux. Et le soir, nous sommes partis à 10 minutes de la Ferme pour observer l’ours noir depuis un abri. On guettait en se regardant sans bouger. J’avais attrapé un de ces fou-rire, mais je me retenais ! Soudain, au bout d’interminables minutes, j’ai vu un petit ourson, puis deux, puis trois et la grosse mère, toute une famille qui avançait silencieusement vers la nourriture. Le gros mâle poussait de drôles de grognements en mangeant. Le déclic de l’appareil de photo de papa a fait fuir toute la tribu. Dommage !

Notre guide nous a permit de nourrir les animaux, trop top!

  

Pour une fois, ce soir, nous avons opté pour une nuit dans ce qu’ils appellent un « prêt à camper », fort confortable et entièrement équipé. Cela nous changera un peu de notre camping-car !

Mercredi. Journée tranquille et reposante. Nous sommes à Tadoussac en train de visiter un musée à ne pas manquer: le GREMM, un organisme à but non lucratif voué à la recherche scientifique sur les baleines du Saint-Laurent et à l’éducation pour la conservation du milieu marin. Nous en saurons plus demain matin pendant l’excursion aux baleines avec Essipit qui abrite aussi une communauté amérindienne. Leurs chalets et condos-hôtels ont d’ailleurs une vue incroyable sur le fleuve d’où l’on entendrait le puissant souffle des baleines.

Jeudi. Lever tôt ce matin pour nous rendre au quai de Bergeronnes et faire une croisière en zodiac avec nos guides Innu. Parfaitement équipés sur place, nous voici partis à la recherche des baleines sur lesquelles on nous donne de nombreuses informations. Tout d’un coup, sur la gauche, un gros souffle : notre première baleine, géante, a fait son apparition ! D’autres suivront, comme celles que nos guides ont surnommées Blanche-Neige et Aramis, une baleine à bosse, très rare à apercevoir. Nous rentrons émerveillés, mais il ne faut pas tarder car notre traversier, le plus rapide du Québec parait-il, part à 16h de Forestville pour Rimouski, sur la Rive Sud !

Quel chance! Pas une, mais 2 queues de baleine!
Jean-Pierre, Flore et Simon ont pu passer la nuit dans le sous-marin. Frileux, Alexandre et moi, avons préféré le confort de notre camping-car ce qu’on nous a vivement reproché le lendemain !

Vendredi. Après notre nuit au camping de Rimouski, nous voulions absolument voir le Site Maritime de Pointe-au-Père  et le sous-marin Onondaga sur lequel nous avions lu des reportages en France. L’exposition sur l’Empress of Ireland était poignante ; le film d’abord, qui raconte le terrible naufrage de ce paquebot qui sombra en 14 minutes en 1914 avec 1012 victimes, mais aussi l’exposition poignante des objets du passé, témoignant de la vie à bord et la construction du navire… Les enfants ont bien sûr voulu voir le nouveau spectacle de marionnettes géantes, avant de se prendre pour des sous-mariniers à bord de l’Onondaga.

 

Pavots bleus

Samedi. En route vers le Jardin Botanique de Métis sur mer. C’est un incontournable quand on fait le tour de la Gaspésie. Nous qui adorons visiter les jardins les plus connus de France, nous avons été émerveillés par les quelque 3000 espèces et variétés de plantes cultivées sur place, dont le fameux pavot bleu de l’Himalaya que j’ai pris en photo sous tous les angles !

Dans la journée, nous reprenons la 132 vers l’immense éolienne de Cap-Chat. En France, on est plutôt gâtés pour le nombre d’éoliennes qui peuplent le paysage, mais celle-ci mérite le respect ! On ne risque pas de la louper car, avec ses 110 mètres de haut, on la voit à des kilomètres à la ronde ! Elle est bien plus haute que la tour de Big Ben à Londres ! La montée était un véritable challenge car j’ai le vertige ! Mais ce fût une expérience extraordinaire avec au sommet une vue à couper le souffle. L’accueil du guide pour l’ascension fût très chaleureux, avec une visite technique très intéressante, pimentée de beaucoup d’humour.

Nous dormons dans un charmant camping de la Fédération Camping Québec qui porte bien son nom : le Camping au bord de la mer.

Plus qu’une autre semaine, et nous devrons repartir pour la France… Chose certaine, nous allons en profiter pleinement!

Voir le récit de notre première semaine

 

Notre rêve en train de se réaliser

Ouf ! Après un vol Air Transat sans histoire, nous voici à Québec. Nous sommes très heureux de faire ce voyage et c’est la première fois que nous sommes en Amérique du Nord. Notre but : des rencontres, du canot-camping, des activités sportives (j’ai repéré pas mal de Via ferrata au Québec), mais aussi voir des baleines, des ours, des castors et peut-être même des loups, et échanger avec des amérindiens…

On ne pouvait évidemment pas quitter Québec sans aller nous balader dans la vieille ville dont entre autres sur les Plaines d’Abraham et d’emprunter les passerelles qui surplombent le Saint-Laurent en plus de flâner dans le quartier Petit Champlain. Quelle vue incroyable ! Je lis dans le Routard (comme tous les touristes Français) que son estuaire est le plus grand au monde, avec une longueur de 370 km et une largeur de 48 km. 1 200 km de long depuis l’Océan atlantique jusqu’aux grands lacs… Les amérindiens l’appelaient « la rivière qui marche ». Justement, j’en connais un bout car j’avais eu « les grands lacs du Canada » comme sujet de géographie au bac ! C’est dire que je connais le sujet, mais je ne m’imaginais pas la puissance de ce fleuve qui mérite bien son surnom de « Majestueux Fleuve Saint-Laurent » !

S’envoyer en l’air!

En pleine forme,  nous avons expérimenté deux activités sportives que je vous recommande : la Via Ferrata du Parc de la Chute-Montmorency, situées tout près de Québec et la tyrolienne du Canyon Sainte-Anne.    

Au départ de notre circuit de via ferrata

Le  Entre fleuve et falaises, le site spectaculaire du Parc de la Chute-Montmorency domine le paysage. La vue était époustouflante sur l’anse et l’île d’Orléans Nous étions reliés à un câble continu, de sorte que vous n’avons pas eu à manipuler notre mousqueton. Encadrés par un guide professionnel, nous étions en tous petits groupes et avons fait l’un des 3 parcours de la Via Ferrata dans la faille de Boischatel, tout près de la chute.

Mais le plus sensationnel a été la tyrolienne géante au dessus de la chute.

Puis, ce fût l’expérience de la tyrolienne du Canyon Sainte-Anne, quelques kilomètres plus loin sur la route vers Tadoussac. On ne se doute vraiment pas qu’à 800 mètres de la route se déversent des tonnes d’eau depuis la rivière Sainte-Anne, dans un bruit assourdissant. On plonge littéralement dans la nature.  L’endroit est sauvage, superbe, entouré d’un chemin bien balisé qui explique l’histoire de ce Canyon, aménagé par la famille Mc Nicoll. On s’attendrait presque à voir surgir le dernier des Mohicans au détour d’un chemin, comme dans nos films western d’enfance.

Via ferrata au dessus de la gorge du Canyon Saint-Anne

Nous avons aussi profité de leur nouvelle activité, Air Canyon. Suspendus au-dessus du Canyon, les sensations étaient extrêmes. Assis côte à côte dans un télésiège qui part à l’envers, nous avons carrément survolé le Canyon pour revenir à toute vitesse vers notre point de départ. De là-haut, on voyait la marmite de géant et l’imposante chute qui tourbillonnait sous nos pieds, 90 mètres plus bas. Impressionnant. Après un pique-nique sur le lieu même, nous avons filé vers le Parc national des Grands Jardins.

Randonnée dans Charlevoix

Allongée dans le lit de notre chalet, au retour de nos trois jours de randonnée, je me dois de raconter cette superbe randonnée qui partait du village de Saint-Urbain vers le Parc national des Grands-Jardins. Nous avions réservé depuis la France avec l’organisme La traversée de Charlevoix  et avions bien fait car notre petit groupe était complet. Ils se chargent de prendre notre véhicule au départ, à Saint-Urbain et l’amènent le 3ème jour au point d’arrivée, ce qui est bien pratique ! L’organisation est très bien rôdée. Nous marchions de 15 à 20 km chaque jour et dormions dans des chalets. Le transport de bagages était assuré par eux car plusieurs marcheurs l’avaient commandé. Chaque jour, nous avons pu voir un panorama différent du cratère de Charlevoix. On a même pu observer des martres, l’emblème du coin.

Nous avons eu un beau point de vue sur les gorges du Parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie

Saguenay, nous voilà

Voici deux jours que nous dormons au camping Baie-Eternité, à 7 km de la Rivière-Eternité, dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

En arrivant au Parc national du Fjord-du-Saguenay hier, un préposé nous a remis un petit guide à l’accueil. Puis ce fût le départ pour atteindre la statue de la Rivière-Eternité, une sacrée marche ! Des paysages à couper le souffle qui se méritent, car cela montait beaucoup et le sentier est plus long que l’on ne le pense. Au retour, comme si nous n’étions pas assez fourbus, nous tenions absolument faire la Via Ferrata « La Passerelle », la plus courte des trois proposées, et enjamber le vide sur près de 100 mètres pour envoyer des photos aux copins ! Il y avait un départ en début d’après-midi, juste le temps pour rejoindre le petit groupe, guidé par un guide très professionnel. De là-haut, la vue était incroyable… Comme il voyait que nous étions sportifs, il nous a vivement recommandé de tenter l’expérience du kayak proposée par Fjord en Kayak à l’Anse Saint-Jean, « la Mecque du Kayak sur mer » disait-il. Et c’est ce que nous avons fait; 2 jours, en kayak de mer sur le fjord!

Quelle vue sur le fjord!

Depuis notre embarcation, nous étions très impressionnés par les splendeurs des Caps qui dominent le Fjord, l’un des plus grands du monde ! Les équipements étaient super. Mathieu notre guide a débuté l’expérience par une formation de départ pour notre petit groupe. C’est un sacré sportif ! À chaque anse, à chaque baie, Mathieu avait une anecdote à nous raconter sur la faune, la géologie, l’histoire, les gens du coin.  Le soir, nous avons dormi dans un camping tandis que Mathieu qui s’était transformé en cuisinier nous préparait un succulent repas tout en racontant avec beaucoup d’humour des contes et légendes qui hantent le fjord.

Au cours de notre périple, nous avons croisé de nombreux phoques, aperçu beaucoup d’oiseaux (dont des cormorans) et même vu un bélouga.

Un fleuve habité!

Nous voici enfin arrivés sur la rive sud du Saint-Laurent après avoir pris le traversier de Saint- Siméon à Rivière-du-Loup.  Accoudés au bastingage du pont, deux jeunes passagers de notre âge travaillant comme chercheurs au Gremm (Groupement de recherches et d’éducation sur les mammifères marins) de Tadoussac, nous parlés des mammifères qui habitent le fleuve (bélugas, cachalots, rorquals communs, baleines noires…).  Une aubaine pour en savoir plus…: «Une douzaine d’espèces sont présentes du printemps à l’automne mais seul le béluga réside à l’année dans le fleuve. Certaines abondent alors que d’autres sont en péril ! L’estuaire et le golfe du Saint-Laurent sont un véritable buffet à ciel ouvert pour les baleines. Elles viennent dans cet immense garde-manger pour se nourrir. Le Saint-Laurent regorge de poissons et de plancton, et chaque printemps, des milliers d’entre elles quittent leur aire de reproduction pour se rendre dans le Saint-Laurent jusqu’à l’embouchure du Saguenay où la nourriture est très abondante », raconte l’un deux.

Nous nous sommes quittés à l’arrivée à Rivière-du-Loup après avoir échangé nos adresses et avons dormi au camping municipal dans le Parc de la Pointe, dans la région du Bas-Saint-Laurent.

Trois semaines en camping-car au Québec avec la petite famille

Dirigeant ma petite famille de trublions (incluant mon mari Jean-Pierre), j’ai tout de même prévu de raconter notre voyage au Québec. J’espère juste que le gros cahier acheté en France aura suffisamment de pages pour faire tenir 3 semaines de souvenirs !

Première semaine, on s’adapte facilement

Dimanche.
À peine arrivés à Québec après 7 heures de vol sur la compagnie Air Transat qui est la seule à voyager de Paris sans escale sur Québec, nous avons pris possession de notre camping-car tout équipé et surtout bien plus moderne que le Combi Volkswagen T2 de mon mari Jean-Pierre ! Direction le Lac-Saint-Jean.

Les enfants sont émerveillés de ce changement soudain, contemplant derrière la fenêtre les paysages qui défilent le long de la 175. Un peu plus loin que le lieu d’arrêt « l’Etape », nous avons stoppé sur l’aire de stationnement fort bien placée pour contempler le lac Jacques Cartier. Le premier lac que nous voyons et qui correspond bien à l’image que nous nous faisions du Canada…1h30 plus tard, nous arrivons au camping Villa des Sables, sur le Lac Saint-Jean à Métabetchouane, un lieu aux consonances amérindiennes.

Sur la route vers Métabetchouane dans la Réserve faunique des Laurentides

Il y a tout ce qu’il faut dans ces campings du Québec, des prises électriques pour recharger nos batteries, ainsi que des évacuations pour les eaux brunes, un mot qui amuse beaucoup les enfants ! Nous avons trouvé toutes les adresses de nos campings au Québec dans le guide Camping Québec, un site très complet que je recommande.

La réservation s’est faite depuis Paris et il est indispensable de réserver en haute saison. L’accueil des propriétaires est convivial et surprenant. Au début, nous ne comprenions pas trop nos voisins qui parlaient français comme nous, mais très vite, nous avons appris les premiers jolis mots du Québec comme « bienvenue ». Alexandre le disait tout le temps ! Quand nous avons dit que nous arrivions de Paris, on nous a répondu avec un air envieux : « Ah ! Paris, la ville lumière ». Nous étions très fiers !

Lundi.
Après un copieux petit-déjeuner (ils disent déjeuner ici), visite de la Caverne du trou de la fée. La caverne est fascinante. Son parcours accidenté rend l’expérience encore plus intéressante tout en étant facile et agréable. Je m’attendais à entrer et à ressortir après quelques mètres. Mais dans ce lieu étrange ou le froid et l’humidité règnent, nous avons pris conscience de notre fragilité et de notre impuissance devant ces éléments naturels.

L’un des canyons menant vers la caverne

Joyeux, les enfants s’interpellaient d’une passerelle à l’autre en toute sécurité. Jean-Pierre regardait ébahi la petite faune, les chauve-souris…C’est comme si nous étions dans un autre monde ! Dans le sentier de la coulée verte, l’air frais, le parfum de la végétation et le son du ruisseau nous transportaient ailleurs. Une expérience paisible, et relaxante…

Mardi.
Aujourd’hui, nous rencontrons Hughes Ouellet, le propriétaire dEquinox Aventure, qui propose des expéditions à vélo. Ce prestataire assez connu au Lac Saint-Jean propose divers forfaits à bicyclette de de 1 à 6 jours. Pour nous aujourd’hui, ce sera une petite escapade à vélo qui nous permettra d’emprunter cette fameuse Véloroute des Bleuets dont nous avons beaucoup entendu parler. Equinox se charge même de transporter nos bagages, voire de réserver un logement à l’étape !

Escapade à vélo autour du Lac Saint-Jean

On s’est tous retrouvés après cette belle escapade, Flore et Simon, qui ont accompagné leur père sans problème car la route est plate sur tout le tour du Lac Saint-Jean. Alexandre et moi sommes arrivés avant eux avec le camping-car à Mashteuiash. Arrêt très intéressant au Musée amérindien de cette petite ville où nous avons découvert l’histoire et les traditions de la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh. Le village était en pleine préparation d’un grand pow-wow amérindien, avec spectacle traditionnel, danses ilnu et intertribales, dégustations de mets amérindiens et cérémonies spirituelles. Les enfants auraient adoré, mais il nous fallait partir… pour Val-Jalbert où nous avons dormi sur le camping très bien aménagé.

Artistes à l’oeuvre au musée amérindien

Mercredi.
Le village historique de Val-Jalbert rappelle l’histoire de l’implantation d’une usine de pulpe et son village de travailleurs, de 1901 jusqu’à sa fermeture en 1927. Les enfants se sont régalés à la découverte de cet endroit, à bord d’un trolleybus des années 20, rencontrant des personnages dont les déguisements évoquaient l’époque où cette importante scierie faisait vivre toute la région…  Nous avons admiré la chute Ouiatchouan qui se déverse tout près du moulin à pulpe puis gravi les escaliers jusqu’au belvédère avec sa plateforme de verre pour admirer le cœur de la chute. Deuxième nuit sur place ce soir, après une baignade bien méritée dans la superbe piscine !

Les enfants ont beaucoup de plaisir

Jeudi, Flore raconte. 
À mon tour de raconter notre escapade au Zoo sauvage de Saint-Félicien ! Ce que j’ai surtout aimé, c’est l’expérience « dormir avec les Caribous » avec mon frère Simon. Nous avons même eu droit à une visite détaillée avec un guide. Nous avons déjeuné d’un succulent repas à la « ferme du colon » puis suivi les pas de notre guide de jour comme de nuit. Car de nuit, le Zoo sauvage prend une toute autre allure ! On a vu des loups avec des jumelles nocturnes avant de revenir au camp où crépitait un grand feu sur lequel nous avons fait griller des guimauves. C’était unique et fascinant d’écouter notre guide nous raconter toutes ces histoires ! Nous avons dormi sous une tente de prospecteur, et le lendemain, après un copieux petit déjeuner, nous sommes partis en canot sur le Lac Montagnais pour observer de très près des orignaux, des caribous, et d’autres animaux, avant de visiter les coulisses du Zoo sauvage et sa clinique vétérinaire. Ce que j’ai le plus aimé ? Ces ours blancs énormes qui plongent dans un aquarium géant. J’étais à moins d’un mètre d’eux. Quelle gracilité !

Tout sourire à la rencontre de l’ours polaire

Vendredi.
Ce matin, nous avons fait route vers le Fjord du Saguenay en longeant le Lac Saint-Jean. Nous sommes arrêtés au Centre d’interprétation des battures et de réhabilitation des oiseaux (Cibro). Du haut d’un observatoire bien aménagé, je ne peux m’empêcher d’admirer la beauté de ce fjord dont on dit que c’est un des plus longs du monde, et c’est vrai qu’il impose le respect et mérite le déplacement lors d’un voyage au Québec. Plus bas, on apercevait les battures sur les abords tous proches du Fjord. Ce sont des haltes interdites au public où les oiseaux se nourrissent avant de reprendre leur envol sur des milliers de kilomètres vers le Sud. Certains ne peuvent repartir, car ils sont blessés. Des bénévoles les recueillent et les soignent au Cibro avant de les relâcher.

Samedi.
Difficile de décrire la joie des enfants depuis que nous sommes arrivés au Cap Jaseux (où nous avons dormi). Parc Aventures Cap Jaseux est l’endroit de prédilection idéal pour nous qui aimons tant la nature ! Sur les bords du Fjord, nous avons pu faire plein d’activités dont un mémorable parcours accrobranche pour Jean-Pierre, Flore et Simon qui ne voulaient plus descendre des arbres ! Ils s’occupent même des tous petits ! Plus de 70 passages d’arbre en arbre, certains faciles, d’autres plus difficiles, mais surtout un encadrement très sécuritaire. À la fin du parcours, il fallait entendre les enfants pousser leurs cris de joie en empruntant l’immense tyrolienne ! Je dis immense car je n’en avais jamais vu de cette taille ! Il y avait plusieurs sections (tout petits, enfants, régulière ou extrême). Nous avons vu qu’il y avait des demi-journées organisées pour du kayak de mer, mais, étant donné l’âge d’Alexandre, avons préféré passer notre après-midi à la plage et profiter de la baignade qui restera dans nos mémoires.

Le fjord en arbre est quelque chose….il faut vraiment être habile.

Bientôt, je vous raconterai la suite de notre séjour en camping-car au Québec.

Pas seulement la pêche, une nature généreuse.

Dernier soir dans notre chalet. J’ai apporté le champagne depuis Paris pour fêter ce merveilleux moment de retrouvailles. Demain, nous quitterons cet endroit magique et ferons route vers le Parc Oméga situé à quelques kilomètres de la Pourvoirie Kenauk Nature et du Fairmont Château Montebello.

Réjean y avait déjà été plusieurs fois, « car c’est un endroit proche de Montréal pour observer des animaux d’Amérique du Nord », disait-il. « On ne les voit jamais que sur les panneaux d’information : « attention, orignal, mais, tu vas enfin les voir en vrai et te faire une idée de la faune et la flore au Canada, si proche des villes et si présente dans nos cœurs. Et tu verras, ce soir, nous dormirons dans les arbres ».

Plutôt que d’utiliser notre voiture, il loua une petite voiturette de golf grillagée, bien plus maniable que notre lourd 4X4 et m’entraina vers le Sentier des Premières Nations, « parce qu’au fond, toute notre histoire vient d’abord des premiers amérindiens » ajouta-t-il ! Nous pénétrâmes à pied sous le vaste « oiseau tonnerre », une immense sculpture qui dominait l’endroit pour mieux comprendre l’histoire des 11 nations amérindiennes du Québec. L’histoire des origines, des coutumes et du devenir de chacune des nations amérindiennes était racontée sur des panneaux, au pied d’un totem de différente taille. Certains totems faisaient plus de 20 mètres de haut !

Réjean m’entraîna plus loin sur le parcours, pour voir évoluer des animaux du Canada, Au travers de prairies, de forêts, de montagnes, de lacs et de régions boréale, nous avons ainsi traversé l’histoire de la Côte Nord-Est du Canada, comme l’ont vécue nos ancêtres, en visitant au passage un poste de traite de 1847, une ferme ancestrale et une cabane à sucre d’antan ! Je passe sur tous les animaux aperçus (bisons, orignaux, caribous, cerfs rouges, cerfs de Virginie, biches, chevreuils, chèvres d’Amérique, bœufs musqués, bouquetins des Alpes, castors, écureuils, ratons laveurs, sangliers, ours, coyotes, renards roux, renards arctiques), pour me concentrer sur les loups gris.

Deux fois par jour, un commentateur explique le comportement de ces étranges animaux aux puissantes pattes en les nourrissant de petits morceaux de viande. Du haut de la nouvelle aréna (ou à l’intérieur, derrière une épaisse vitre), je dis à Réjean que je n’aimerais pas me retrouver tout seul dans une forêt profonde, face à face avec un seul de ces animaux-là. « Mais tu as été petit scout et ton chef s’appelait Akéla me rappelle-t-il » ! Songeur, je ne réponds pas, pensant que Réjean -l’intrépide s’est peut-être trouvé dans une telle situation lors d’une chasse ! Je préfère m’en tenir à l’idée que les animaux, c’est comme nous, c’est trouillard ! (sans en être complètement certain !)

Nous terminons notre voyage par une nuit dans la cabane perchée du Parc Oméga, qui compte une vingtaine d’hébergements dans son Parc de 10 km2.

C’est le jour du départ vers la France.

Réjean est ému comme moi et nous allons nous quitter. Il m’a promis de venir prochainement en France. Je vais retrouver toute ma smala, à commencer par Elise, mon épouse, qui devrait partir avec ses deux amies. Les uns et les autres raconteront aussi leurs voyages dans le journal de bord.

Pour ma part, cette semaine en pleine nature et les retrouvailles avec mon vieux copain m’ont fait un bien infini. On refera un déjeuner familial de retrouvailles tous ensemble quand tous seront revenus et ce sera sûrement difficile d’en placer une !

Pour ma part, mon voyage au Québec, loin des villes et si proche de la nature et des grands espaces, aura été une expérience inoubliable !