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Joseph Lefrançois
Blogueur

Joseph Lefrançois

Marié à Élise, je suis le père de Jean-Pierre et de Jacques, et également grand-père de 4 petits-enfants.

J’étais loin de me douter que j’allais insuffler dans l’esprit de chacun des membres de ma tribu l’idée de partir au Québec… Comme il y a des années que mon ami Réjean qui vit au Québec me demande de le visiter, c’est durant un séjour de pêche que nous nous retrouverons.

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Pas seulement la pêche, une nature généreuse.

Dernier soir dans notre chalet. J’ai apporté le champagne depuis Paris pour fêter ce merveilleux moment de retrouvailles. Demain, nous quitterons cet endroit magique et ferons route vers le Parc Oméga situé à quelques kilomètres de la Pourvoirie Kenauk Nature et du Fairmont Château Montebello.

Réjean y avait déjà été plusieurs fois, « car c’est un endroit proche de Montréal pour observer des animaux d’Amérique du Nord », disait-il. « On ne les voit jamais que sur les panneaux d’information : « attention, orignal, mais, tu vas enfin les voir en vrai et te faire une idée de la faune et la flore au Canada, si proche des villes et si présente dans nos cœurs. Et tu verras, ce soir, nous dormirons dans les arbres ».

Plutôt que d’utiliser notre voiture, il loua une petite voiturette de golf grillagée, bien plus maniable que notre lourd 4X4 et m’entraina vers le Sentier des Premières Nations, « parce qu’au fond, toute notre histoire vient d’abord des premiers amérindiens » ajouta-t-il ! Nous pénétrâmes à pied sous le vaste « oiseau tonnerre », une immense sculpture qui dominait l’endroit pour mieux comprendre l’histoire des 11 nations amérindiennes du Québec. L’histoire des origines, des coutumes et du devenir de chacune des nations amérindiennes était racontée sur des panneaux, au pied d’un totem de différente taille. Certains totems faisaient plus de 20 mètres de haut !

Réjean m’entraîna plus loin sur le parcours, pour voir évoluer des animaux du Canada, Au travers de prairies, de forêts, de montagnes, de lacs et de régions boréale, nous avons ainsi traversé l’histoire de la Côte Nord-Est du Canada, comme l’ont vécue nos ancêtres, en visitant au passage un poste de traite de 1847, une ferme ancestrale et une cabane à sucre d’antan ! Je passe sur tous les animaux aperçus (bisons, orignaux, caribous, cerfs rouges, cerfs de Virginie, biches, chevreuils, chèvres d’Amérique, bœufs musqués, bouquetins des Alpes, castors, écureuils, ratons laveurs, sangliers, ours, coyotes, renards roux, renards arctiques), pour me concentrer sur les loups gris.

Deux fois par jour, un commentateur explique le comportement de ces étranges animaux aux puissantes pattes en les nourrissant de petits morceaux de viande. Du haut de la nouvelle aréna (ou à l’intérieur, derrière une épaisse vitre), je dis à Réjean que je n’aimerais pas me retrouver tout seul dans une forêt profonde, face à face avec un seul de ces animaux-là. « Mais tu as été petit scout et ton chef s’appelait Akéla me rappelle-t-il » ! Songeur, je ne réponds pas, pensant que Réjean -l’intrépide s’est peut-être trouvé dans une telle situation lors d’une chasse ! Je préfère m’en tenir à l’idée que les animaux, c’est comme nous, c’est trouillard ! (sans en être complètement certain !)

Nous terminons notre voyage par une nuit dans la cabane perchée du Parc Oméga, qui compte une vingtaine d’hébergements dans son Parc de 10 km2.

C’est le jour du départ vers la France.

Réjean est ému comme moi et nous allons nous quitter. Il m’a promis de venir prochainement en France. Je vais retrouver toute ma smala, à commencer par Elise, mon épouse, qui devrait partir avec ses deux amies. Les uns et les autres raconteront aussi leurs voyages dans le journal de bord.

Pour ma part, cette semaine en pleine nature et les retrouvailles avec mon vieux copain m’ont fait un bien infini. On refera un déjeuner familial de retrouvailles tous ensemble quand tous seront revenus et ce sera sûrement difficile d’en placer une !

Pour ma part, mon voyage au Québec, loin des villes et si proche de la nature et des grands espaces, aura été une expérience inoubliable !

Histoire de la Pourvoirie Kenauk Nature

Réjean-l’historien me rappelle que le domaine seigneurial de Kenauk qui date du 17e siècle, fût légué par le roi de France à Monseigneur de Laval, premier évêque au Québec. La Pourvoirie Kenauk Nature a longtemps fait partie du Château Montebello, jusqu’à sa vente récente à un groupe d’hommes d’affaires. Désormais elle offre plusieurs forfaits à l’année longue. 

Au fur-et-à-mesure que nous avançons sur l’eau, nous découvrons une incroyable faune qui s’agite autour de nous. Sommes-nous les bienvenus ? Réjean arrête le bateau. Plus un bruit. Peu à peu, les oiseaux se remettent à pépier, les grenouilles autour de nous à plonger dans l’eau… Au loin, un canard s’envole bruyamment. La nature semble nous accepter. Le moteur redémarre. Le moment est propice pour que Réjean me raconte l’histoire de la tortue, en baissant la voix… « Le mot Kenauk est le diminutif de « mukenauk », un mot algonquin qui signifie tortue. C’est un animal très symbolique chez les amérindiens qui l’associent à la création de la terre, à la tranquillité, la longévité, la persévérance et la stabilité ».

Ses paroles glissent en moi. Peu à peu, je me fais à ce calme envoutant, je m’imprègne de ce silence, loin de tout, et j’écoute mon âme…

 

La Pourvoirie Kenauk Nature propose également un sentier de 50 km, avec refuge.

Enfin prêt pour découvrir la forêt canadienne et la pêche

Ça y est. Les préparatifs de mon voyage au Québec vont bon train. Finalement je pars à la pêche avec Réjean, un de mes vieux copain québécois que j’ai connu 50 ans plus tôt. Je l’ai rencontré lorsque qu’il était venu étudier en France à la faculté de médecine. On ne s’est jamais vraiment quittés.

Réjean est un pêcheur hors pair… il n’arrête pas de me parler de la pêche et m’invite à le rejoindre au Canada.

Je pars seul, pour pêcher durant une semaine dans le mythique camp de pêche de la Pourvoirie Kenauk Nature, dans la région de l’Outaouais. Mon arrivée à Montréal est prévue pour la semaine du 25 mai et Réjean m’attendra à l’aéroport pour me conduire dans cet endroit calme et préservé dont j’ai reçu plusieurs photos superbes!

Pas question de partir avec Elise, mon épouse, dont les bavardages feraient sûrement fuir les poissons. Devant mon entêtement, elle a décidé de partir mi-juillet, avec ses deux complices !

Comme je ne suis qu’un pêcheur du dimanche, Réjean se porte volontaire pour me montrer les bases de la pêche à la truite. Et moi qui adore la truite, je parie quelle aura un meilleur goût que celle de la poissonnerie d’à côté !

Bref, je compte les jours et suis enchanté de de revoir mon vieil ami. Nous en profiterons pour rattraper le temps perdu entre deux prises !

Les Lefrançois au Québec – récits de voyage

Cela faisait longtemps que je souhaitais réunir toute ma vaste famille à un repas dominical, pour mon anniversaire.

On avait fini par trouver une date si bien qu’autour de la table on pouvait compter une petite vingtaine de convives.

Le vin coulait à flot. Les conversations partaient dans tous les sens , celles de ma femme et de ses deux copines qu’on avait surnommé les péroreuses, en passant par celles de mes enfants, de mes petits enfants, et même celles de 2 copains amis qui s’étaient retrouvés embrigadés autour de notre tablée.

Quand on apporta le gâteau d’anniversaire, une salve d’applaudissement fit sursauter Poutine, mon gros chien. Mon fils Jean-Pierre et son épouse Marie m’apportèrent alors une enveloppe géante qu’on me somma d’ouvrir. C’était un billet d’Air Canada pour Montréal avec un forfait pêche dans une pourvoirie !

Ça fait longtemps que je leur parlais du Canada, que je m’y voyais en me prenant pour Jack London ou Nicolas Vanier, à la conquête du grand nord…

La famille avait bien prévu le coup. Quelqu’un autour de la table dit : « tu nous raconteras ». D’autres voulaient m’accompagner à la pêche. Bavards comme ils étaient, ils auraient fait fuir les poissons ! 

L’ambiance était électrique, des clans se formaient. Au final, même si ma décision de partir seul était irrévocable, je fûs surpris de constater que tous voulaient découvrir la nature au Québec, mais chacun à sa façon !

Ma femme et ses 2 copines d’enfance envisageaient de faire du vélo, de la voile, du rafting et même de la tyrolienne. Jean-Pierre, Marie et leurs trois enfants iraient faire le tour de la Gaspésie en camping-car. Jacques et Elisabeth fermeraient leur cabinet médical et parlaient d’hydravion, d’expériences amérindiennes, de via ferrata et de kayak de mer. Quant aux deux jeunes, ce serait une immense rando dans la région de Charlevoix, pour découvrir des animaux…

L’idée d’un journal de bord commun que chacun reprendrait pour conter son aventure prenait forme.

Au travers de ces quelques billets, ma famille, les Lefrançois, vous raconte leurs aventures au Québec !