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Québec, son histoire et son fleuve Saint-Laurent

Le fleuve Saint-Laurent relie les Grands Lacs à l’Atlantique sur 1200 km.

Je me doutais bien qu’Elisabeth allait me déclamer quelque chose sur ce fleuve imposant, et cela n’a pas loupé puisqu’elle avait appris par cœur depuis Paris la célèbre tirade de Jacques Cartier découvrant le Saint-Laurent! « …nous trouvasmes une moult belle et grande baye, plaine d’ysles et bonnes entrees et passaige de tous les ventz qu’il scavoit faire ; Et parmi ’icelle baye y a une grand ysle comme ung cap de terre, qui s’avance plus hors que les autres ; Et sur la terre d’environ deux lieues, une montaigne faicte comme ung tas de bled. Nous nommasmes la dicte baye la baye sainct Laurens ». Je lui rétorquai que je savais que ce nom avait été attribué parce que c’était celui de la Saint-Laurent, mais je compris qu’il ne fallait pas trop lutter à ce petit jeu ! Elle me répondit : «tu parles de la Rivière qui marche».

En longeant les Plaines d’Abraham, nous ne nous lassons pas d’admirer la vue depuis ce piton rocheux que les armées du général Wolfe avaient subrepticement grimpées le 13 septembre 1759 avant de livrer bataille aux troupes françaises du général Montcalm !

Pour la petite histoire, j’ai eu droit à une longue explication très détaillée sur la bataille des Plaines d’Abraham de la part Elisabeth-la-savante qui a marqué le début de la conquête britannique du Québec et par conséquent la fin du régime français au Canada. J’ai donc revécu par le menu cette terrible bataille et l’exploit de ces guerriers anglais, arrivés sur quelque 49 navires de guerre avec 13 500 membres d’équipage du bord desquels débarquèrent 4 400 soldats. Arrivés nuitamment à l’Anse au Foulon, les anglais se firent passer pour des Français qui amenaient le ravitaillement, escaladant les 55 mètres du rocher escarpé et donnèrent l’assaut à l’armée française, suivis par d’autres régiments anglais. La bataille fût brève et décisive puisque l’on comptabilisa plus de 1 000 morts des deux côtés en moins d’une demi-heure. L’épopée de la Nouvelle France se termina par Le traité de Paris en 1763, qui annonçait la future domination anglaise sur le monde…

 

Plein air et premières nations

Entre fleuve et falaises

Déjà une semaine que nous sommes partis et notre ville nous parait si loin. La route 138 qui va de Baie-Saint-Paul à Québec est très belle. Les points de vue sur le Saint-Laurent sont à couper le souffle. La nature est décidément incroyable, que l’on soit en pleine forêt ou à surplomber le fleuve. Nous apercevons tel un écrin l’Île aux Coudres, posée sur le Saint-Laurent, cette île que Jacques Cartier avait ainsi nommée à cause de la présence de nombreux coudriers.

En roulant vers Québec, nous passons devant l’imposante chute du Parc de la Chute-Montmorency.

Du pont qui surplombe la chute d’eau qui s’écrase 83 mètres plus bas dans un tonnerre de trombes d’eau, nous apercevons une via ferrata et surtout une gigantesque tyrolienne sur laquelle glisse de jeunes intrépides d’une rive à l’autre en poussant de grands cris.

Nous avons descendu par les 487 marches vers notre voiture

Nous avons poursuivi notre route en suivant le fleuve jusqu’au  quartier Petit Champlain du Vieux Québec et ses jolies maisons colorées.

Depuis la Terrasse Dufferin aux pieds du fameux Château Frontenac, nous longeons les Plaines d’Abraham sur une belle passerelle en bois qui surplombe le fleuve.

Immersion chez les Huron-Wendat

En fin de journée, route vers le territoire Huron de Wendake, à 12 km de Québec. Notre agence a prévu pour nous un séjour à l’Hôtel-Musée-Premières-Nations, un vaste hôtel-boutique 4 étoiles où les matériaux nobles comme la pierre le cuir et le bois se conjuguent à une architecture remarquable. La décoration des chambres est très « cute » comme ils disent ici, avec une superbe peau de castor sur le lit que l’on a envie de caresser tout de suite, une couverture en fourrure et des objets amérindiens qui ornent les murs.

J’entraîne avec moi Jacques pour une petite balade thématique sur des sentiers pédestres colorés qui nous mènent vers les Canots Légaré. On nous attend pour une jolie promenade en bateau sur la rivière Saint-Charles. L’été des couleurs a débuté très tôt dans la saison nous dit-on, et les arbres sont de toutes les couleurs, variant du rouge très vif au pourpre, du vert au jaune et au gris. Plus tard, dans la soirée, nous avons visité le Musée des Premières-Nations attenant à l’hôtel, qui offre une fenêtre sur les territoires, les mémoires et les savoirs d’un peuple fier de ses racines.  

En fin d’après-midi, nous avons fait un Spa à Nation Santé-Spa, une expérience multi-sensorielle à saveur autochtone avec massothérapie, soins du corps, bains nordiques, yourte et cascade d’eau, sans oublier de visiter la maison longue des amérindiens. Le soir, en dînant à l’excellent restaurant La Traite offrant de succulents mets amérindiens, nous avons eu le spectacle d’une chanteuse huronne passant de table en table.

Après avoir profité un peu des installations du site et visité la maison longue juste à côté de l’Hôtel-Musée, nous avons déjeuner au restaurant la Sagamité,  où nous avons goûté de nouveau à la soupe traditionnelle du même nom, à la viande grillée à la Yatista (qui signifie feu en huron-wendat).

Viande grillée à la Yatista : Il s’agit d’une potence qui rappelle la façon traditionnelle de griller la viande de gibier et qui illustre l’importance qu’avait le feu pour la nation.

Un peu de détente

En 3 heures de route, nous avons atteint la Station touristique Duchesnay, un centre de villégiature pour profiter une fois encore de la nature. Ce centre quatre saisons est situé à 30 minutes de Québec, sur le Lac Saint-Joseph.  L’agence a prévu notre arrivée tardive, mais nous sommes bien à l’heure pour un excellent dîner au restaurant renommé, avant une nuit dans l’auberge même.

Il y a décidément tout dans cette station touristique, depuis les soins thérapeutiques jusqu’aux sports faciles à faire et très tournés vers la nature ! J’ai donc entraîné mon Jacques à la plage d’abord, histoire de faire le point sur ce qui nous attendait.

D’abord une heure de rame sur le Lac Saint-Joseph pour nous mettre dans le bain de cette journée très sportive, puis un parcours accrobranche, expérience qui nous a renvoyé à l’époque de notre jeunesse et des camps de vacances. Nous avons essayé terminé enfin par une balade à vélo sur les sentiers aménagés !

Nous avons essayé un segway, un des seuls giropodes au Canada qui nous a permis de découvrir le Lac Jaune accompagnés d’un guide (Jacques a adoré)

En fin de journée, un guide d’Aventure Inukshukun partenaire de la Sation touristique, nous a entraîné au sommet d’une tour d’observation, pour voir l’ours noir en toute sécurité. Le castor, le cerf de Virginie et plusieurs espèces d’oiseaux fréquentent aussi ces lieux nous a -t-il dit. Nous avons d’ailleurs eu de la chance car nous avons entendu des loups hurler au loin. Et pour terminer cette journée bien remplie, massage d’une heure dans le centre de Spa !

Vue du ciel

En après-midi, retour vers les temps modernes, car notre agence nous a concocté un séjour de 24 heures à l’hydrobase d’Hydravion Aventure, à Saint-Etienne-des Grès, près de Trois-Rivières. Comme beaucoup d’Européens, cela fait des années que je rêve de monter dans un hydravion, particulièrement un Beaver (Castor en anglais) au bruit si reconnaissable, un peu comme une Harley Davidson qui démarre.

Alain Priem, le propriétaire de la base nous accueille lui-même.
Du haut du ciel, nous découvrons l’immense forêt québécoise qui recouvre le sol et sommes surpris de voir tous ces lacs et ces rivières qui les jalonnent. Il parait qu’il y en a un million au Québec !

À 400 mètres d’altitude, Alain-l’œil-de-lynx pointe son doigt vers le bas : toute une famille d’ours se prélasse tranquillement près d’un lac, sans se préoccuper le moins du monde du bruit de l’hydravion ! Le soir, à l’hydrobase, nous nous endormons dans une superbe suite, la tête pleine d’images…

Mais notre voyage ne s’arrête pas là. Il nous reste encore quelques jours avant de rentrer à la maison.

Dernière semaine de camping-car au Québec

Le bout du monde, la Gaspésie

Dimanche & lundi.
Ça y est, nous avons atteint la Gaspésie, le but de notre voyage. La route est exceptionnellement belle. Nous avons croisé un pêcheur qui nous a indiqué où acheter des homards (bien moins chers qu’en France). Ce soir, nous dégusterons nos homards dans un des 4 campings du Parc national Forillon, notre étape de ce soir. C’est aussi cela l’aventure au Canada !

C’est Parc Canada qui gère le site, et il y a de nombreuses possibilités proposées sur place, comme la balade de La tour du Mont Saint-Alban d’où l’on aperçoit une vue époustouflante à 360 degrés sur le golfe du Saint-Laurent et sur la majestueuse et la chaîne de montagnes des Appalaches… Nous avons hésité à parcourir le sentier Les Graves jusqu’à Cap-Gaspé, autrefois connu sous le nom de Gespeg, et terminer par un pique-nique au pied du phare, mais finalement, nous avons opté pour une grande balade sur la plage, préférant ramasser des coquillages aux formes étranges. Pendant notre pique-nique, nous avons pu observer aux jumelles des phoques et Jean-Pierre nous a assuré avoir vu de loin une baleine, ce dont je doute !

 

Mardi.
Le point d’orgue de notre voyage a été la visite du Parc national de l’île-de-Bonaventure-et-du Rocher-Percé. Ce majestueux rocher a une allure bien à lui, face à l’île Bonaventure. On accède à l’Île par des petits bateaux qui contournent d’abord l’île ou piaillent des milliers de fous de Bassan, plongeant dans la mer pour attraper des poissons. Puis, le bateau débarque sur l’île afin d’aller voir leur habitat de plus près. On les entend piailler loin devant nous, et leur odeur âcre se mélange à celle des plantes et celle de la mer.

Le Rocher Percé ressemble étrangement à notre Rocher d’Etretat, mais plus majestueux.
Une longue randonnée (du moins ce que pense les enfants) nous mène au bout de l’île pour observer ces étranges oiseaux; les fous de bassan

Ce soir, nous avons diné à la Maison du Pêcheur, connu pour ses spécialités de poissons et de fruits de mer.

Mercredi.
Aujourd’hui, une route de 275 km nous attend pour nous rendre à Matapédia où diverses activités sont proposées. Sur le chemin, découverte de la rivière Bonaventure avec ses eaux turquoises, d’une limpidité extraordinaire. Jean-Pierre trouve que c’est l’une des plus belles rivières du Québec. Enfin, c’est son avis ! Moi, je trouve qu’elles sont toutes belles dans ces paysages de nature que nous traversons… Nous regrettons de ne pouvoir nous arrêter, mais il faut gagner du temps pour arriver à Matapédia avant la nuit.

Jeudi et vendredi.
Quelle bonne idée d’avoir réservé ce petit séjour à Matapédia Nature Aventure  Nous avions trouvé son contact dans le site Aventure Ecotourisme Québec qui regroupe des dizaines de prestataires dans le domaine de l’aventure. Mon sportif de mari Jean-Pierre me parlait depuis longtemps de cet organisme dont la qualité et la sécurité sont assurées. Entre les activités nautiques offertes, les randonnées de toute sorte, à pied ou en motorisé, les séjours et circuits à thème guidés ou les parcours d’escalades, il fallait choisir. Leur site est très bien fait et donne vraiment confiance.

Nous avons hésité entre une belle balade avec eux sur le Sentier international des Appalaches et une plongée en apnée pour voir des saumons. Finalement nous avons opté pour un forfait canot-camping de 2 jours accompagnés par nos guides qui nous ont carrément mis dans le coup dès le début : portage du canot, consignes sécuritaires et préparation. Tout le matériel était fourni.

Nos guides Jesse et Geneviève Labonté (qui porte bien son nom !) étaient bien prévoyants pour nous ! Nous avons tout de même pris le temps de nous amuser un peu…
Notre forfait « Clair de Lune » incluait des activités sur plusieurs rivières aux noms amérindiens imprononçables.

Le soir venu, nous en avons profité pour observer les étoiles.

Le charme du Bas Saint-Laurent

Samedi.
Il a bien fallu quitter cet endroit de rêve pour terminer notre voyage et revenir vers Québec, non sans avoir visité le Parc national du Bic, un incontournable géré par la Sépaq (Société d’établissements de plein air du Québec). Cela dit, notre route de 200 km au travers de la vallée de la Matapédia était d’une grande beauté.

Ce parc constitué de plusieurs îles et presqu’îles ainsi que de plusieurs baies dont les paysages sont à couper le souffle

Dans ce parc, il y a 25 km de sentiers pour 11 parcours de randonnées, une piste cyclable et même du kayak. Mais nous avons préféré la randonnée, en ne choisissant pas la plus facile (le Chemin du Nord), mais plutôt celle du Pic-Champlain de 6 km, beaucoup moins relaxe que la précédente mais qui offre un point de vue à couper le souffle une fois arrivé au sommet.

Le soir, nous avons campé sur place pour notre avant dernier jour. Le coucher de soleil était extraordinaire et je n’en ai jamais vu d’aussi beau. Juste avant la nuit, on a pu voir des oiseaux marins faire leur nid et même des phoques qui se prélassaient sur un rocher !

On nous avait parlé du Camping Sebka (Société d’écologie de la batture du Kamouraska) où l’on fait de l’escalade et du kayak de mer… Moi, j’étais d’accord pour continuer notre belle aventure, surtout que la batture toute proche nous aurait permis d’observer encore plein d’oiseaux, mais Jean-Pierre ne voulait pas arriver trop tard pour rendre notre camping-car à Québec et il fallait encore prévoir 3 bonnes heures à l’aéroport avant notre retour vers Paris !

batture du Kamouraska. Reposant à souhait!

Aujourd’hui, je repense à nos voisins du premier jour qui disaient « la ville lumière » en parlant de Paris. Moi, je trouve que le Québec mérite bien son nom de « Belle Province » !

Revoir la première semaine et la deuxième semaine de notre séjour en camping-car.

Notre deuxième semaine en camping-car au Québec

Maison dans les arbres. Il faudra revenir pour l’essayer avec les enfants!

Dimanche. Ce matin, après une petite promenade sur le site du Cap Jaseux, Jean-Pierre nous a proposé de tous partir en voilier pour 3 heures à bord du Junior, un quillard de croisière d’où nous avons pu admirer les gigantesques montagnes du Fjord depuis l’eau. L’instructeur nous a raconté l’histoire de ce Fjord de 109 km de long et les légendes qui l’habitent.

Nous serions bien restés encore au Cap Jaseux, pour dormir dans les arbres, dans une cabine suspendue, sous un dôme ou dans une cabine en bois rond, mais nous avions déjà réservé le soir même, à la Pourvoirie du Cap au Leste, distante de quelques kilomètres.

L’endroit est merveilleux! Vue sur le fjord de notre chalet.
Sentier du phare

Lundi. Ce matin, je me repose avec Alexandre pour admirer le paysage et le Fjord qui se déroule à mes pieds. La vue est époustouflante ! Après être descendus à pied sur le Fjord par le sentier du Phare, Jean-Louis, Simon et Alexandre ont emprunté des équipements à l’accueil et sont partis faire du canot et se baigner au Lac des Sables, à 3 km. À 13h, nous avons pris une croisière sur les navettes du Fjord. Ils offrent toute une panoplie de croisières qui sillonnent le Fjord jusqu’à l’Anse Saint-Jean, beaucoup plus bas. Ensuite, nous avons pris la route vers Sacré-Coeur.

Mardi, Flore raconte. Nous sommes allés au Centre de vacances Ferme 5 Étoiles qui propose une excursion champêtre en Quad réunissant toute la famille. Nous avons même accompagné un guide pour ramasser des œufs à la ferme.

Quad «champêtre» en famille

C’était un guide soigneur qui nous a tout expliqué des animaux du refuge dont il avait la charge : orignal, raton laveur, loup… Sur place, nous avons pu voir des bisons, des daims, des chevaux. Et le soir, nous sommes partis à 10 minutes de la Ferme pour observer l’ours noir depuis un abri. On guettait en se regardant sans bouger. J’avais attrapé un de ces fou-rire, mais je me retenais ! Soudain, au bout d’interminables minutes, j’ai vu un petit ourson, puis deux, puis trois et la grosse mère, toute une famille qui avançait silencieusement vers la nourriture. Le gros mâle poussait de drôles de grognements en mangeant. Le déclic de l’appareil de photo de papa a fait fuir toute la tribu. Dommage !

Notre guide nous a permit de nourrir les animaux, trop top!

  

Pour une fois, ce soir, nous avons opté pour une nuit dans ce qu’ils appellent un « prêt à camper », fort confortable et entièrement équipé. Cela nous changera un peu de notre camping-car !

Mercredi. Journée tranquille et reposante. Nous sommes à Tadoussac en train de visiter un musée à ne pas manquer: le GREMM, un organisme à but non lucratif voué à la recherche scientifique sur les baleines du Saint-Laurent et à l’éducation pour la conservation du milieu marin. Nous en saurons plus demain matin pendant l’excursion aux baleines avec Essipit qui abrite aussi une communauté amérindienne. Leurs chalets et condos-hôtels ont d’ailleurs une vue incroyable sur le fleuve d’où l’on entendrait le puissant souffle des baleines.

Jeudi. Lever tôt ce matin pour nous rendre au quai de Bergeronnes et faire une croisière en zodiac avec nos guides Innu. Parfaitement équipés sur place, nous voici partis à la recherche des baleines sur lesquelles on nous donne de nombreuses informations. Tout d’un coup, sur la gauche, un gros souffle : notre première baleine, géante, a fait son apparition ! D’autres suivront, comme celles que nos guides ont surnommées Blanche-Neige et Aramis, une baleine à bosse, très rare à apercevoir. Nous rentrons émerveillés, mais il ne faut pas tarder car notre traversier, le plus rapide du Québec parait-il, part à 16h de Forestville pour Rimouski, sur la Rive Sud !

Quel chance! Pas une, mais 2 queues de baleine!
Jean-Pierre, Flore et Simon ont pu passer la nuit dans le sous-marin. Frileux, Alexandre et moi, avons préféré le confort de notre camping-car ce qu’on nous a vivement reproché le lendemain !

Vendredi. Après notre nuit au camping de Rimouski, nous voulions absolument voir le Site Maritime de Pointe-au-Père  et le sous-marin Onondaga sur lequel nous avions lu des reportages en France. L’exposition sur l’Empress of Ireland était poignante ; le film d’abord, qui raconte le terrible naufrage de ce paquebot qui sombra en 14 minutes en 1914 avec 1012 victimes, mais aussi l’exposition poignante des objets du passé, témoignant de la vie à bord et la construction du navire… Les enfants ont bien sûr voulu voir le nouveau spectacle de marionnettes géantes, avant de se prendre pour des sous-mariniers à bord de l’Onondaga.

 

Pavots bleus

Samedi. En route vers le Jardin Botanique de Métis sur mer. C’est un incontournable quand on fait le tour de la Gaspésie. Nous qui adorons visiter les jardins les plus connus de France, nous avons été émerveillés par les quelque 3000 espèces et variétés de plantes cultivées sur place, dont le fameux pavot bleu de l’Himalaya que j’ai pris en photo sous tous les angles !

Dans la journée, nous reprenons la 132 vers l’immense éolienne de Cap-Chat. En France, on est plutôt gâtés pour le nombre d’éoliennes qui peuplent le paysage, mais celle-ci mérite le respect ! On ne risque pas de la louper car, avec ses 110 mètres de haut, on la voit à des kilomètres à la ronde ! Elle est bien plus haute que la tour de Big Ben à Londres ! La montée était un véritable challenge car j’ai le vertige ! Mais ce fût une expérience extraordinaire avec au sommet une vue à couper le souffle. L’accueil du guide pour l’ascension fût très chaleureux, avec une visite technique très intéressante, pimentée de beaucoup d’humour.

Nous dormons dans un charmant camping de la Fédération Camping Québec qui porte bien son nom : le Camping au bord de la mer.

Plus qu’une autre semaine, et nous devrons repartir pour la France… Chose certaine, nous allons en profiter pleinement!

Voir le récit de notre première semaine

 

Notre rêve en train de se réaliser

Ouf ! Après un vol Air Transat sans histoire, nous voici à Québec. Nous sommes très heureux de faire ce voyage et c’est la première fois que nous sommes en Amérique du Nord. Notre but : des rencontres, du canot-camping, des activités sportives (j’ai repéré pas mal de Via ferrata au Québec), mais aussi voir des baleines, des ours, des castors et peut-être même des loups, et échanger avec des amérindiens…

On ne pouvait évidemment pas quitter Québec sans aller nous balader dans la vieille ville dont entre autres sur les Plaines d’Abraham et d’emprunter les passerelles qui surplombent le Saint-Laurent en plus de flâner dans le quartier Petit Champlain. Quelle vue incroyable ! Je lis dans le Routard (comme tous les touristes Français) que son estuaire est le plus grand au monde, avec une longueur de 370 km et une largeur de 48 km. 1 200 km de long depuis l’Océan atlantique jusqu’aux grands lacs… Les amérindiens l’appelaient « la rivière qui marche ». Justement, j’en connais un bout car j’avais eu « les grands lacs du Canada » comme sujet de géographie au bac ! C’est dire que je connais le sujet, mais je ne m’imaginais pas la puissance de ce fleuve qui mérite bien son surnom de « Majestueux Fleuve Saint-Laurent » !

S’envoyer en l’air!

En pleine forme,  nous avons expérimenté deux activités sportives que je vous recommande : la Via Ferrata du Parc de la Chute-Montmorency, situées tout près de Québec et la tyrolienne du Canyon Sainte-Anne.    

Au départ de notre circuit de via ferrata

Le  Entre fleuve et falaises, le site spectaculaire du Parc de la Chute-Montmorency domine le paysage. La vue était époustouflante sur l’anse et l’île d’Orléans Nous étions reliés à un câble continu, de sorte que vous n’avons pas eu à manipuler notre mousqueton. Encadrés par un guide professionnel, nous étions en tous petits groupes et avons fait l’un des 3 parcours de la Via Ferrata dans la faille de Boischatel, tout près de la chute.

Mais le plus sensationnel a été la tyrolienne géante au dessus de la chute.

Puis, ce fût l’expérience de la tyrolienne du Canyon Sainte-Anne, quelques kilomètres plus loin sur la route vers Tadoussac. On ne se doute vraiment pas qu’à 800 mètres de la route se déversent des tonnes d’eau depuis la rivière Sainte-Anne, dans un bruit assourdissant. On plonge littéralement dans la nature.  L’endroit est sauvage, superbe, entouré d’un chemin bien balisé qui explique l’histoire de ce Canyon, aménagé par la famille Mc Nicoll. On s’attendrait presque à voir surgir le dernier des Mohicans au détour d’un chemin, comme dans nos films western d’enfance.

Via ferrata au dessus de la gorge du Canyon Saint-Anne

Nous avons aussi profité de leur nouvelle activité, Air Canyon. Suspendus au-dessus du Canyon, les sensations étaient extrêmes. Assis côte à côte dans un télésiège qui part à l’envers, nous avons carrément survolé le Canyon pour revenir à toute vitesse vers notre point de départ. De là-haut, on voyait la marmite de géant et l’imposante chute qui tourbillonnait sous nos pieds, 90 mètres plus bas. Impressionnant. Après un pique-nique sur le lieu même, nous avons filé vers le Parc national des Grands Jardins.

Randonnée dans Charlevoix

Allongée dans le lit de notre chalet, au retour de nos trois jours de randonnée, je me dois de raconter cette superbe randonnée qui partait du village de Saint-Urbain vers le Parc national des Grands-Jardins. Nous avions réservé depuis la France avec l’organisme La traversée de Charlevoix  et avions bien fait car notre petit groupe était complet. Ils se chargent de prendre notre véhicule au départ, à Saint-Urbain et l’amènent le 3ème jour au point d’arrivée, ce qui est bien pratique ! L’organisation est très bien rôdée. Nous marchions de 15 à 20 km chaque jour et dormions dans des chalets. Le transport de bagages était assuré par eux car plusieurs marcheurs l’avaient commandé. Chaque jour, nous avons pu voir un panorama différent du cratère de Charlevoix. On a même pu observer des martres, l’emblème du coin.

Nous avons eu un beau point de vue sur les gorges du Parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie

Saguenay, nous voilà

Voici deux jours que nous dormons au camping Baie-Eternité, à 7 km de la Rivière-Eternité, dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

En arrivant au Parc national du Fjord-du-Saguenay hier, un préposé nous a remis un petit guide à l’accueil. Puis ce fût le départ pour atteindre la statue de la Rivière-Eternité, une sacrée marche ! Des paysages à couper le souffle qui se méritent, car cela montait beaucoup et le sentier est plus long que l’on ne le pense. Au retour, comme si nous n’étions pas assez fourbus, nous tenions absolument faire la Via Ferrata « La Passerelle », la plus courte des trois proposées, et enjamber le vide sur près de 100 mètres pour envoyer des photos aux copins ! Il y avait un départ en début d’après-midi, juste le temps pour rejoindre le petit groupe, guidé par un guide très professionnel. De là-haut, la vue était incroyable… Comme il voyait que nous étions sportifs, il nous a vivement recommandé de tenter l’expérience du kayak proposée par Fjord en Kayak à l’Anse Saint-Jean, « la Mecque du Kayak sur mer » disait-il. Et c’est ce que nous avons fait; 2 jours, en kayak de mer sur le fjord!

Quelle vue sur le fjord!

Depuis notre embarcation, nous étions très impressionnés par les splendeurs des Caps qui dominent le Fjord, l’un des plus grands du monde ! Les équipements étaient super. Mathieu notre guide a débuté l’expérience par une formation de départ pour notre petit groupe. C’est un sacré sportif ! À chaque anse, à chaque baie, Mathieu avait une anecdote à nous raconter sur la faune, la géologie, l’histoire, les gens du coin.  Le soir, nous avons dormi dans un camping tandis que Mathieu qui s’était transformé en cuisinier nous préparait un succulent repas tout en racontant avec beaucoup d’humour des contes et légendes qui hantent le fjord.

Au cours de notre périple, nous avons croisé de nombreux phoques, aperçu beaucoup d’oiseaux (dont des cormorans) et même vu un bélouga.

Un fleuve habité!

Nous voici enfin arrivés sur la rive sud du Saint-Laurent après avoir pris le traversier de Saint- Siméon à Rivière-du-Loup.  Accoudés au bastingage du pont, deux jeunes passagers de notre âge travaillant comme chercheurs au Gremm (Groupement de recherches et d’éducation sur les mammifères marins) de Tadoussac, nous parlés des mammifères qui habitent le fleuve (bélugas, cachalots, rorquals communs, baleines noires…).  Une aubaine pour en savoir plus…: «Une douzaine d’espèces sont présentes du printemps à l’automne mais seul le béluga réside à l’année dans le fleuve. Certaines abondent alors que d’autres sont en péril ! L’estuaire et le golfe du Saint-Laurent sont un véritable buffet à ciel ouvert pour les baleines. Elles viennent dans cet immense garde-manger pour se nourrir. Le Saint-Laurent regorge de poissons et de plancton, et chaque printemps, des milliers d’entre elles quittent leur aire de reproduction pour se rendre dans le Saint-Laurent jusqu’à l’embouchure du Saguenay où la nourriture est très abondante », raconte l’un deux.

Nous nous sommes quittés à l’arrivée à Rivière-du-Loup après avoir échangé nos adresses et avons dormi au camping municipal dans le Parc de la Pointe, dans la région du Bas-Saint-Laurent.

Profiter des bienfaits du plein air au Québec – première semaine

Même si nous sommes très occupé, le Québec s’est avéré la destination idéale pour partir deux semaines loin de nos occupations stressantes et pour s’adonner à leurs passions sportives, en pleine nature.

D’ailleurs, notre agence de voyage qui connait bien le Québec nous a concocté un programme sur mesure en septembre, une occasion inespérée pour découvrir les couleurs de la forêt !

Pour commencer, lâcher-prise

C’est à mon tour de raconter notre voyage dans le journal de bord familial ! Je souhaite que notre récit démontre à tous les autres membres de la famille Lefrançois que la nature et les bienfaits qu’elle apporte est bienfaisante où que l’on soit au Québec. Cette période de 2 semaines sera notre période de « lâcher-prise » !

Après un excellent vol avec Air France dans des conditions fort confortables, nous passons notre première nuit dans un hôtel-boutique de Montréal. Comme nous sommes des amoureux de la nature, notre agence a pensé nous mettre dans le bain dès le lendemain par une visite du Jardin botanique de Montréal qui présente aux visiteurs une diversité remarquable de végétaux à travers une trentaine de jardins thématiques et de 10 serres d’exposition.  Ce jardin est un clin d’œil de la nature en ville à celle de la forêt toute proche. Nous avons commencé par la serre de forêt tropicale humide avec ses immenses fougères, fleurs multicolores et autres bananiers avant d’arpenter la serre des orchidées dans un décor évoquant les ruines d’une ancienne forteresse envahie par les plantes tropicales. Évidemment, l’insectarium  a retenu toute notre attention, particulièrement les scarabées géants de la forêt tropicale, des bestioles qui font peur mais qui font partie de la nature que nous aimons tant…

La campagne

Après avoir pris la route sur rive nord du Saint-Laurent, nous voici à l’Auberge Le Baluchon Eco-villégiature.  Notre agence nous avait bien recommandé de commencer notre voyage par un séjour de 2 nuits dans ce fleuron du réseau hôtelier  Ôrigine. Cette auberge 4 étoiles nous a tout de suite plu. En plus de sa table exceptionnelle, de ses chambres superbement décorées, nous avons profité des activités sportives tels une balade à cheval dans la forêt que nous avons faite durant 4 heures au travers des 44 hectares du domaine et surtout un Spa merveilleux dont nous avons profité tous les deux.

Nos montures nous attendent!

On se voyait déjà y revenir pour une semaine complète en hiver !

Un fjord géant

Aujourd’hui, notre route se poursuit vers le Fjord du Saguenay. Notre voyage sportif n’aurait pas été complet si nous n’avions pas fait de la voile. C’était un de nos souhait, même s’il fallait faire une longue route. Notre agence avait repéré un prestataire de grande renommée au Québec à l’Anse Saint-Jean, Voile Mercator, qui a obtenu un prix d’excellence.  Après une superbe route de quelque 400 km qui passait par Québec et la région de Charlevoix – que nous nous réservions de visiter à notre retour – nous sommes arrivés dans le ravissant petit village de la rive sud du Fjord du Saguenay : l’Anse-Saint-Jean où nous avons dormi dans un chalet avec une vue exceptionnelle sur le Fjord : les Chalets sur le Fjord. Décidément, notre agence avait tout prévu !

Voile Mercator, à la fois une école de voile, propose des forfaits de courte durée pour voguer le long du Fjord-du- Saguenay jusqu’à Rivière-Éternité et même d’autres forfaits incluant une nuit à bord ! En voguant sur le Fjord, nous nous prenions presque comme des matelots de Jacques Cartier. Nous avions un instructeur pour nous seuls, qui nous assistait dans nos manœuvres. Le soir, après notre repas, comme le ciel était particulièrement clair, nous avons contemplé le firmament.

Tant d’émerveillement devant le paysage des montagnes plongeant à pic dans le fjord. C’était impressionnant.

Nous avons ensuite flâné dans le ravissant village de l’Anse-Saint-Jean où tout semble prévu pour des activités sportives et pour tous les âges, puisque l’on peut y faire du vélo, de la randonnée, du kayak de mer, de la voile, de la pêche, et l’hiver de la motoneige, du ski, des raquettes et j’en passe ! Il est cependant temps de partir et nous prenons le bac qui traverse le Fjord-du-Saguenay de Baie-Sainte-Catherine vers Tadoussac, dont nous visitons le ravissant petit port, avant de faire route vers Vacances Essipit, une quarantaine de kilomètres plus loin. L’endroit est superbe et l’accueil des amérindiens qui dirigent les condos où nous dormirons, excellent. Depuis maintenant plus de 35 ans, les entreprises Essipit offrent une expérience axée sur la nature, au cœur du territoire innu. L’organisation gère l’ensemble des activités, notamment les croisières en zodiac.

Un fleuve habité

Et nous voici au raz de l’eau, au cœur de la fosse marine, à bord d’un petit zodiac de 12 personnes, avec un guide amérindien qui nous parle des baleines avec passion. On sent qu’il a l’expérience du fleuve dont la navigation n’est pas toujours évidente. Le zodiac secoue sûrement plus que les grands bateaux de la compagnie des Croisières AML  mais cela nous donne le goût de l’aventure et une certaine proximité. 

Notre guide nous explique que les cétacés viennent se nourrir dans les eaux du St-Laurent riches en krill. Des courants marins profonds dans l’estuaire du Saint-Laurent provoquent de fortes concentrations de cette abondante nourriture dont les cétacés raffolent. Sous l’action des courants de la marée, cette masse de krill se retrouve alors piégée et les cétacés n’ont plus qu’à engloutir leurs 5 tonnes d’eau chacun pour se nourrir. Sur notre retour, nous avons aperçu des marsouins mais surtout des dizaines de phoques gris qui se prélassaient sur les bords de la rive, sans se soucier aucunement de notre passage !

Notre récompense. Un banc de rorquals communs!
Nous n’étions pas seuls! Nous avons même croisé un autre zodiac faisant l’observation des baleines comme nous.

En fin de journée, nous étions maintenant rendu dans  un autre endroit sublime que notre agence nous avait indiqué : l’hôtel Germain

Tous à la rivière

Aujourd’hui, les activités sportives continuent avec le prestataire de kayak de mer Katabatik à Baie-Saint-Paul. Après un transport en minibus tirant nos kayaks, on nous explique bien les rudiments du kayak de mer et nous voilà pagayant sur la rivière du Gouffre. La rivière est incroyablement belle. De temps en temps, nous avons croisé des pêcheurs à la mouche qui nous saluaient. C’est une rivière connue pour les saumons d’Atlantique, la truite mouchetée (l’omble de la fontaine) et la truite arc-en-ciel.

Nous l’avons parcourue sur 12 km et fait halte pour un pique-nique sur une petite plage, suivie bien sûr d’une baignade. Nous retournons pour la nuit à l’hôtel Germain pour déguster aussi le repas du soir particulièrement raffiné.

Nous sommes un petit groupe d’une vingtaine de personnes, très bien encadrés par des professionnels sympathiques.

Notre voyage n’est pas encore terminé. D’autres aventures suivront….

 

Trois semaines en camping-car au Québec avec la petite famille

Dirigeant ma petite famille de trublions (incluant mon mari Jean-Pierre), j’ai tout de même prévu de raconter notre voyage au Québec. J’espère juste que le gros cahier acheté en France aura suffisamment de pages pour faire tenir 3 semaines de souvenirs !

Première semaine, on s’adapte facilement

Dimanche.
À peine arrivés à Québec après 7 heures de vol sur la compagnie Air Transat qui est la seule à voyager de Paris sans escale sur Québec, nous avons pris possession de notre camping-car tout équipé et surtout bien plus moderne que le Combi Volkswagen T2 de mon mari Jean-Pierre ! Direction le Lac-Saint-Jean.

Les enfants sont émerveillés de ce changement soudain, contemplant derrière la fenêtre les paysages qui défilent le long de la 175. Un peu plus loin que le lieu d’arrêt « l’Etape », nous avons stoppé sur l’aire de stationnement fort bien placée pour contempler le lac Jacques Cartier. Le premier lac que nous voyons et qui correspond bien à l’image que nous nous faisions du Canada…1h30 plus tard, nous arrivons au camping Villa des Sables, sur le Lac Saint-Jean à Métabetchouane, un lieu aux consonances amérindiennes.

Sur la route vers Métabetchouane dans la Réserve faunique des Laurentides

Il y a tout ce qu’il faut dans ces campings du Québec, des prises électriques pour recharger nos batteries, ainsi que des évacuations pour les eaux brunes, un mot qui amuse beaucoup les enfants ! Nous avons trouvé toutes les adresses de nos campings au Québec dans le guide Camping Québec, un site très complet que je recommande.

La réservation s’est faite depuis Paris et il est indispensable de réserver en haute saison. L’accueil des propriétaires est convivial et surprenant. Au début, nous ne comprenions pas trop nos voisins qui parlaient français comme nous, mais très vite, nous avons appris les premiers jolis mots du Québec comme « bienvenue ». Alexandre le disait tout le temps ! Quand nous avons dit que nous arrivions de Paris, on nous a répondu avec un air envieux : « Ah ! Paris, la ville lumière ». Nous étions très fiers !

Lundi.
Après un copieux petit-déjeuner (ils disent déjeuner ici), visite de la Caverne du trou de la fée. La caverne est fascinante. Son parcours accidenté rend l’expérience encore plus intéressante tout en étant facile et agréable. Je m’attendais à entrer et à ressortir après quelques mètres. Mais dans ce lieu étrange ou le froid et l’humidité règnent, nous avons pris conscience de notre fragilité et de notre impuissance devant ces éléments naturels.

L’un des canyons menant vers la caverne

Joyeux, les enfants s’interpellaient d’une passerelle à l’autre en toute sécurité. Jean-Pierre regardait ébahi la petite faune, les chauve-souris…C’est comme si nous étions dans un autre monde ! Dans le sentier de la coulée verte, l’air frais, le parfum de la végétation et le son du ruisseau nous transportaient ailleurs. Une expérience paisible, et relaxante…

Mardi.
Aujourd’hui, nous rencontrons Hughes Ouellet, le propriétaire dEquinox Aventure, qui propose des expéditions à vélo. Ce prestataire assez connu au Lac Saint-Jean propose divers forfaits à bicyclette de de 1 à 6 jours. Pour nous aujourd’hui, ce sera une petite escapade à vélo qui nous permettra d’emprunter cette fameuse Véloroute des Bleuets dont nous avons beaucoup entendu parler. Equinox se charge même de transporter nos bagages, voire de réserver un logement à l’étape !

Escapade à vélo autour du Lac Saint-Jean

On s’est tous retrouvés après cette belle escapade, Flore et Simon, qui ont accompagné leur père sans problème car la route est plate sur tout le tour du Lac Saint-Jean. Alexandre et moi sommes arrivés avant eux avec le camping-car à Mashteuiash. Arrêt très intéressant au Musée amérindien de cette petite ville où nous avons découvert l’histoire et les traditions de la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh. Le village était en pleine préparation d’un grand pow-wow amérindien, avec spectacle traditionnel, danses ilnu et intertribales, dégustations de mets amérindiens et cérémonies spirituelles. Les enfants auraient adoré, mais il nous fallait partir… pour Val-Jalbert où nous avons dormi sur le camping très bien aménagé.

Artistes à l’oeuvre au musée amérindien

Mercredi.
Le village historique de Val-Jalbert rappelle l’histoire de l’implantation d’une usine de pulpe et son village de travailleurs, de 1901 jusqu’à sa fermeture en 1927. Les enfants se sont régalés à la découverte de cet endroit, à bord d’un trolleybus des années 20, rencontrant des personnages dont les déguisements évoquaient l’époque où cette importante scierie faisait vivre toute la région…  Nous avons admiré la chute Ouiatchouan qui se déverse tout près du moulin à pulpe puis gravi les escaliers jusqu’au belvédère avec sa plateforme de verre pour admirer le cœur de la chute. Deuxième nuit sur place ce soir, après une baignade bien méritée dans la superbe piscine !

Les enfants ont beaucoup de plaisir

Jeudi, Flore raconte. 
À mon tour de raconter notre escapade au Zoo sauvage de Saint-Félicien ! Ce que j’ai surtout aimé, c’est l’expérience « dormir avec les Caribous » avec mon frère Simon. Nous avons même eu droit à une visite détaillée avec un guide. Nous avons déjeuné d’un succulent repas à la « ferme du colon » puis suivi les pas de notre guide de jour comme de nuit. Car de nuit, le Zoo sauvage prend une toute autre allure ! On a vu des loups avec des jumelles nocturnes avant de revenir au camp où crépitait un grand feu sur lequel nous avons fait griller des guimauves. C’était unique et fascinant d’écouter notre guide nous raconter toutes ces histoires ! Nous avons dormi sous une tente de prospecteur, et le lendemain, après un copieux petit déjeuner, nous sommes partis en canot sur le Lac Montagnais pour observer de très près des orignaux, des caribous, et d’autres animaux, avant de visiter les coulisses du Zoo sauvage et sa clinique vétérinaire. Ce que j’ai le plus aimé ? Ces ours blancs énormes qui plongent dans un aquarium géant. J’étais à moins d’un mètre d’eux. Quelle gracilité !

Tout sourire à la rencontre de l’ours polaire

Vendredi.
Ce matin, nous avons fait route vers le Fjord du Saguenay en longeant le Lac Saint-Jean. Nous sommes arrêtés au Centre d’interprétation des battures et de réhabilitation des oiseaux (Cibro). Du haut d’un observatoire bien aménagé, je ne peux m’empêcher d’admirer la beauté de ce fjord dont on dit que c’est un des plus longs du monde, et c’est vrai qu’il impose le respect et mérite le déplacement lors d’un voyage au Québec. Plus bas, on apercevait les battures sur les abords tous proches du Fjord. Ce sont des haltes interdites au public où les oiseaux se nourrissent avant de reprendre leur envol sur des milliers de kilomètres vers le Sud. Certains ne peuvent repartir, car ils sont blessés. Des bénévoles les recueillent et les soignent au Cibro avant de les relâcher.

Samedi.
Difficile de décrire la joie des enfants depuis que nous sommes arrivés au Cap Jaseux (où nous avons dormi). Parc Aventures Cap Jaseux est l’endroit de prédilection idéal pour nous qui aimons tant la nature ! Sur les bords du Fjord, nous avons pu faire plein d’activités dont un mémorable parcours accrobranche pour Jean-Pierre, Flore et Simon qui ne voulaient plus descendre des arbres ! Ils s’occupent même des tous petits ! Plus de 70 passages d’arbre en arbre, certains faciles, d’autres plus difficiles, mais surtout un encadrement très sécuritaire. À la fin du parcours, il fallait entendre les enfants pousser leurs cris de joie en empruntant l’immense tyrolienne ! Je dis immense car je n’en avais jamais vu de cette taille ! Il y avait plusieurs sections (tout petits, enfants, régulière ou extrême). Nous avons vu qu’il y avait des demi-journées organisées pour du kayak de mer, mais, étant donné l’âge d’Alexandre, avons préféré passer notre après-midi à la plage et profiter de la baignade qui restera dans nos mémoires.

Le fjord en arbre est quelque chose….il faut vraiment être habile.

Bientôt, je vous raconterai la suite de notre séjour en camping-car au Québec.

Des vacances au Québec bien méritées

La décision prise par mon père Joseph de partir retrouver son copain canadien au Québec en entraina une autre : celle d’organiser notre propre voyage au Québec avant la réouverture du cabinet médical de mon épouse Elisabeth. Pour ma part, je pouvais m’octroyer deux petites semaines de vacances, et je m’étais arrangé avec des collègues pour repousser quelques rendez-vous de patients.

Nos billets étaient pris pour la fin de l’été, et j’avais repéré sur  Internet quelques activités qui me rappelleraient l’époque de mes championnats de triathlon quand j’étais à la tête de l’équipe sportive de l’internat de médecine!

Notre agence de voyage qui connait bien le Québec nous a concocté un voyage au tout début de l’été indien, une occasion inespérée pour découvrir les couleurs de la forêt !

Journal de bord des copines – 2e partie

Mercredi, Marie

C’est à moi la sportive de reprendre la plume, car depuis la superbe station de villégiature du Mont-Tremblant,  j’ai repéré un loueur de bicyclettes qui part du petit village de Labelle, juste à côté, pour une randonnée sur la route verte du P’tit Train du Nord. Elle est très adaptée, cette route cyclable qui emprunte le tracé de ce petit chemin de fer du fameux « Curé Labelle », ce génial ecclésiastique qui encouragea la colonisation de la région des Laurentides à la fin du XIXe siècle pour freiner l’important exode des Canadiens-français, et desservir par le chemin de fer « les Pays d’en haut », complètement enneigés l’hiver. Dans l’ancienne gare de Labelle transformée en musée ferroviaire, nous apprenons que c’est le Canadien Pacifique qui a prolongé la ligne de Saint-Jérôme à Mont-Laurier, bien au-delà du Mont Tremblant. Depuis, la voie de chemin de fer a été transformée en piste cyclable. Le soir, sur le bord de l’immense lac du Mont-Tremblant, nous écoutons les oiseaux se répondre, avant d’aller nous reposer. Demain, la journée sera rude !

Entrée de la route verte P’tit train du Nord

 

Jeudi et vendredi, Elise

Quand Je pense à Joseph, mon mari, je suis sûr qu’il aurait aimé nos deux jours passés à Aventures Kiamika, au nord du réservoir du parc régional Kiamika dans les Hautes Laurentides.  Cette entreprise offre de nombreuses activités de pleine nature sur un territoire d’une beauté exceptionnelle.

Le Réservoir Kiamika s’étire à perte de vue, et dans cette forêt Boréale qui nous entoure, il parait qu’on peut écouter le hurlement des loups la nuit !  Chacun des hébergements (tentes ou chalets) a le confort nécessaire et sans superflu pour profiter pleinement de la nature. Car nous sommes en pleine nature, sans réseau téléphonique, et avec un réseau électrique uniquement alimenté par de l’énergie solaire. Juste ce qu’il faut pour décrocher complètement. À peine arrivées, nous avons été accueillies par Carl Boudreault le fondateur, Marc André Fortin et Geneviève qui nous ont proposé les activités de demain autour d’un bon repas : promenade en canot ou en kayak le matin, puis baignade dans le lac sur une des nombreuses îles du lac. Geneviève nous a entraîné dans une belle promenade sur les sentiers de l’ile de la Perdrix Blanche et nous avons croisé des petits animaux qu’elle seule connaissait.

À notre retour, Marie-Rambo a trouvé le courage de terminer la journée par une promenade à vélo cross-country sur l’un des chemins aménagés.

Samedi, Elise

Dommage, car nous n’aurons pas profité de l’activité yoga proposée sur ce site préservé. Mais aujourd’hui, ce sera route toute la journée, car nous sommes attendues ce soir à la Réserve Beauchêne, en Abitibi-Témiscamingue…

Dimanche, lundi, mardi : Elise

A 600 km de Montréal, nous sommes en pleine nature, logées dans un des chalets de la Réserve Beauchêne. Ce matin au réveil, petit déjeuner à la vaste salle à manger où l’on nous sert un copieux repas. On nous y apprend que la région de l’Abitibi-Témiscamingue est immense, avec 65 000 km2 de forêts et plus 22 000 lacs et rivières.  La Réserve jouit de 40 lacs. Les familles, les amoureux de la nature, les chasseurs et les pêcheurs la fréquentent régulièrement.  

Plutôt que de loger dans le pavillon principal « la maison blanche » ou de camper sur un de leurs terrains dédiés, nous avons opté pour un des luxueux chalets aux noms d’oiseaux (l’Aigle, le Balbuzard, Le Héron, le Canard Cendré etc.) et avons choisi le chalet « Grand Corbeau », avec trois magnifiques chambres, deux salles de bain, et surtout une immense terrasse qui domine le lac. Marthe et Marie sont affalées dans un des profonds divans, en train de contempler le Lac Beauchêne tandis que je raconte notre journée dans le journal de bord commun tout en préparant l’apéritif dans une cuisine géniale et très tendance dont j’aimerais bien disposer en France ! Un confort inouï en pleine forêt !

Notre chalet à la Réserve Beauchêne

Lundi est la journée dédiée à la pêche. Départ en canot pour essayer d’attraper une des sept espèces de poissons des lacs de la Réserve dont l’Achigan à petite bouche, une de leur spécialité. Il parait que cette espèce est en moyenne de 1,4 kilos.  Il y a aussi des Ombles de fontaine qui dépasseraient les 2 kilos, des dorés et des brochets énormes ! Les poissons sont ensuite relâchés dans le lac. La Réserve nous a fourni des cannes à pêche, les permis et des bateaux à moteur électrique pour ne pas effrayer les poissons.  Les paysages sont sauvages. Nous accostons sur une petite berge pour observer un barrage de castors avant de nous baigner et de retourner à bon port ! Apéro, souper comme on dit ici et dodo dans un lit king-size bien moelleux !

 

Marthe a fait une prise! Bien entendu, nous l’avons remis à l’eau…

Mardi, nous avons pu faire plusieurs des activités proposées : randonnées, vélo, canot. Évidemment, Rambo-Marie a choisi le kayak. Mais Marthe et moi-même avons absolument voulu essayer le Paddleboard. C’est plus calme et même reposant de pagayer à notre rythme, entourées par cette forêt qui commence à se parer de mille couleurs. L’été indien se précise… Quant à notre promenade dans les bois, elle nous a permis de voir des huards à collier. Il parait qu’au mois de septembre, on peut en observer se poser par groupes entiers car le lac Beauchêne est une halte migratoire pour cette espèce.

Ce soir, pour notre dernier jour à La Réserve, nous avons profité de la table du chef au restaurant de la Maison Blanche. Demain, ce sera le retour vers Montréal et départ pour la France après demain. J’ai hâte de conter à Joseph notre voyage et de comparer avec lui.

Une chose est certaine, c’est que les trois copines que nous sommes auront bien des choses à raconter autour de nous !

En famille au Québec

Adeptes de voyages en camping-car de longue date, nous avons déjà traversé la France de long en large avec notre Combi Volkswagen T2 de 1972; je suis un collectionneur et surtout un sacré bricoleur, forcément!

Notre tribu des Lefrançois junior est réputée pour se la jouer solo. C’est ça l’esprit du camping-car ! On part sur une route montagneuse pour atteindre un village haut perché le soir même, mais si un lac se présente au détour d’un virage, on stoppe toutes les machines et on plonge dans le lac quelle que soit la température ! L’année dernière, nous sommes partis à l’aventure en Allemagne et en Autriche.

Ce fût au retour d’un dîner chez des amis avec qui nous avions narré de long en large leur voyage en camping-car au Canada que nous avons pris notre décision. À nous les lacs, les rivières, et les paysages fabuleux sur des routes quasiment désertes. Dès le lendemain, je me rendis dans une agence de voyage pour nous renseigner. À notre grande surprise, on découvrit des pages et des pages sur les camping-car dans les catalogues des voyagistes. Ce pays se prêtait donc parfaitement à ce genre de périple. Il y en avait de toutes les tailles, pour deux, quatre, cinq personnes !

De retour à la maison, j’avais cinq chemises canadiennes achetées en chemin; Marina et nos trois jeunes enfants, (Flore, Alexandre et Simon, respectivement âgés de 7, 5 et 3 ans), comprirent très vite que le rêve allait devenir réalité !

Avouez que les chemises nous vont bien!!